Les « décroisseurs » interrogent la crise

dimanche 5 février 2012 à 17:46, par bombix
Les « décroisseurs » interrogent la crise
« Ce qui m’intéresse depuis quelques années, est la Nouvelle Interprétation de la théorie critique de Marx publiée par Moishe Postone. Si je peux faire un vœu, c’est de la voir traduite en même temps que les trois livres publiés par Robert Kurz. »
André Gorz, 2006.

Dans le cadre du Café des croissants, une nouvelle soirée était organisée à « La soupe aux choux » ce vendredi 3 février. Clément y présentait le dernier ouvrage publié en français par le philosophe et économiste allemand Robert Kurz, Vie et mort du capitalisme (Editions Lignes, 2011). De la crise du capitalisme que nous connaissons, plusieurs explications tentent de rendre compte. Pour beaucoup, le capitalisme, dans sa dynamique, engendre des crises de façon cyclique. Les périodes de croissance alternent avec des périodes de récession. Globalement, l’état de crise ne met pas en danger le système, même si les conséquences sociales et historiques des crises régulières du capitalisme peuvent être considérables, comme on l’a vu après la crise de 1929 par exemple. Telle n’est pas l’analyse de Kurz et du courant de pensée dans lequel il s’inscrit, désigné sous le nom de « critique de la valeur », courant auquel se rattache Moishe Postone ou Anselm Jappe, plusieurs fois invité par les « décroisseurs » berrichons.

S’appuyant sur des analyses de Marx présentes notamment dans le Capital et négligées par la plupart des courants marxistes traditionnels, les théoriciens de la « critique de la valeur » tentent de mettre en lumière une autocontradiction interne au capitalisme, qui le fait dévorer sa substance même. Un exemple : pour dégager des profits, les entreprises en concurrence doivent gagner en productivité. Cela signifie produire plus en utilisant moins de travailleurs. Les gains de productivité engendrent donc logiquement et nécessairement du chômage. Le capitalisme dans son histoire a connu plusieurs paliers qui ont chacun correspondu à des révolutions techniques. La dernière en date, la révolution micro-électronique, a produit un chômage de masse colossal, accentué par la délocalisation des activités de production dans des zones à moindre coût social. Une « fausse solution » a été trouvée par les pays occidentaux, par le développement du capitalisme financier et le recours au crédit systématique. Mais la spéculation ne s’appuie jamais que sur le travail réel et la richesse réelle produite. En l’absence, se produisent des « bulles » spéculatives qui crèvent nécessairement, entraînant des dévalorisations brutales. De même, le système du crédit ne fonctionne que si les débiteurs sont capables de rembourser un jour. Le recours au crédit massif et systématique, particulièrement au Etats-Unis, moteur du système, fut le tour de passe passe d’un système « mort cliniquement » dans les années 70, selon Robert Kurz. La situation actuelle doit s’interpréter comme un retour au principe de réalité. Raison pour laquelle nous n’assistons pas à une reprise de la croissance, mais à la stagnation dans la crise et à l’amorce d’une récession terrible, malgré les centaines de milliards réinjectés par les Etats dans un système moribond pour tenter de le sauver.

Les théoriciens de la critique de la valeur proposent donc un schéma global. Au centre de leurs analyses, la contradiction interne du mode de production capitaliste qui prend sa source dans la sphère du travail. C’est cette notion, naturalisée, ontologisée, qu’il convient d’interroger à nouveau, de déconstruire. Et c’est — en partie — parce qu’il a manqué cette analyse, et donc, le cœur du système que le « socialisme réel » a échoué là où il a été expérimenté. La critique du mode de production capitaliste ne va donc pas sans une mise en perspective critique de notre modernité et de ses valeurs fondatrices.

Dans la salle, après un propos dense et très pédagogique, remarques et interrogations fusèrent.

En gros, on pouvait distinguer deux types de critiques : les premières se référaient aux analyses marxistes traditionnelles qui mettent en avant la lutte de classes et le partage des richesses produites. Il n’y a pas à sortir de l’économie et de son fonctionnement : il s’agit simplement (si l’on peut dire) d’organiser un partage des richesses produites plus équitable. On aura reconnu l’option politique de la gauche traditionnelle, du Parti Socialiste au Front de gauche, qui ne se distinguent au fond que sur les modalités et les ratios de la redistribution.
Les secondes, adoptant une critique plus radicale du mode de production capitaliste, reprochèrent à l’approche de Kurz son « scientisme » et son « prophétisme ». On ne prend pas conscience de la nécessité des luttes sociales en lisant des traités théoriques. C’est dans les luttes, singulières, non programmées et non programmables, qui s’inventent en se faisant, que la conscience advient. À cette critique s’en ajoute une autre : prophétiser l’auto-effondrement du capitalisme, c’est encourager une attitude attentiste, voire cautionner la politique du pire avec l’espoir que la logique de l’histoire s’accélère et se précipite.

Reste le grand mérite des théoriciens de la critique de la valeur : réinterroger des « postures » théoriques et des « solutions » politiques qui ont marqué très nettement leurs limites. On ne peut que constater l’impuissance de la gauche traditionnelle à contrer efficacement les politiques libérales. Plus ou moins hypocritement, la gauche accompagne les politiques qui détruisent un à un les acquis sociaux, ou ne sait que proposer d’anciennes recettes comme la relance keynésienne de la consommation dont l’efficacité n’est nullement certaine. Maudissant les conséquences, elles chérit les causes.

Revenant à Marx, au vieux Marx profond, sinueux, contradictoire, dont la pensée riche n’a pas dit son dernier mot, ils attaquent le système en son centre, sans proposer il est vrai, d’alternatives vraiment claires. C’est que le monde de demain n’est écrit nulle part, c’est à nous de l’inventer, si nous ne voulons pas que le capitalisme moribond laisse place à la barbarie.


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commentaires
Les « décroisseurs » interrogent la crise - Eulalie - 17 février 2012 à 08:01

Capitalisme moribond ? pas certaine.
Sur le fameux "capitalisme financier" et plus particulièrement sur l’abolition du salariat récupérée comme d’hab par le capitalisme, une explication sur Wikivert :

"L’abolition du salariat est en marche : actionnariat populaire , fonds de pension et intermittence :
[...]
Le deuxième volet de cette abolition du salariat, à savoir le passage généralisée à l’intermittence, fonctionne pendant ce temps à outrance dans les entreprises ou dans des secteurs émergents peu marchandisés comme la culture. Le salariat et son contrat à durée indéterminée deviennent en tant que tels des freins à la fluidité du capital, l’intermittence permet de la retrouver, en socialisant les assurances éventuellement nécessaires (couverture sociale) mais de préférence en les abolissant. La CMU n’est en rien en contradiction avec cette tendance, puisqu’au contraire elle permet de placer la couverture sociale hors des coûts salariaux. L’intermittence s’adresse aussi désormais aux entreprises elles-mêmes lorsque la sous-traitance devient le mode de contractualisation dominant pour la production des biens matériels voire immatériels supposant des immobilisations de compétences. Un sous-traitant pourra être aussi vite remercié qu’un salarié précaire. Pour assumer pleinement cette pression constante à la flexibilité (qui est le pendant côté salarié de la fluidité du capital), il est vivement conseillé de devenir son propre employeur en créant son entreprise, en adoptant un statut indépendant, avec toute la valorisation attachée à ces positions sociales, qui permettent avant tout d’organiser l’auto-exploitation et de dégraisser les firmes. Toutes les autres formes de précarité sont bienvenues pour le capital financier et la remise en cause de toutes les mesures assurant des salaires minimum est en marche. Le capital industriel, lui, devait encore compter avec les compétences de ses salariés et pouvaient acheter une certaine allégeance dans la durée par des compensations sociales et salariales. La pression des immigrations permet de renforcer cette tendance et l’on voit bien, comme le montre Donzelot, que les immigrés contemporains sont de plain pied dans la mondialisation, avec la flexibilité qu’elle exige alors que ce sont les salariés des classes moyennes ou à statut anciennement protégés(les grandes entreprises industrielles) qui se trouvent fortement inadaptés. Les nouvelles exigences de la formation, où l’on apprend à ne pas trop se spécialiser d’un côté mais aussi à se vendre en permanence avec des formations opérationnelles courtes directement rentables pour les entreprises, font partie de cette pénétration en profondeur des exigences de flexibilité.

La tendance à long terme est alors à une division sociale entre les ex-salariés du Nord devenus actionnaires et les intermittents du Sud. En réalité, dans les pays du Nord eux mêmes, « le Sud » s’est installé avec ses immigrés mais aussi avec sa population pauvre en augmentation constante.

Les syndicats comme la gauche n’ont pas su voir ce changement et se sont obstinés à défendre des politiques industrielles vides de sens, des statuts protégés sans organiser la solidarité avec ceux qui n’en avaient aucun, des refus justifiés de réformes comme celles des retraites sans proposer d’autres moyens collectifs solidaires, etc. Ceux qui ont refusé toute réforme ont été balayés et leurs emplois détruits, ceux qui ont voulu les accepter se sont faits pressuriser pendant des années avant d’être eux aussi jetés dans la précarité et la misère. Il n’est plus temps de ce point de vue de se chamailler entre réformistes qui ont accepté ces réformes et ceux qui les ont combattu car tous ont perdu et la flexibilité n’a fait que croître, avec en point de mire la disparition totale du salariat ou sa réduction à un minimum vital, qui devrait dès lors être pris en charge par la collectivité. On mesure ainsi l’intérêt que peut présenter paradoxalement des mesures dites radicales comme le revenu d’existence.
..."


Les « décroisseurs » interrogent la crise - kobayashi - 6 février 2012 à 20:27

Les secondes, adoptant une critique plus radicale du mode de production capitaliste, reprochèrent à l’approche de Kurz son « scientisme » et son « prophétisme ». On ne prend pas conscience de la nécessité des luttes sociales en lisant des traités théoriques. C’est dans les luttes, singulières, non programmées et non programmables, qui s’inventent en se faisant, que la conscience advient. À cette critique s’en ajoute une autre : prophétiser l’auto-effondrement du capitalisme, c’est encourager une attitude attentiste, voire cautionner la politique du pire avec l’espoir que la logique de l’histoire s’accélère et se précipite.

Cette réaction qui se veut " critique " à la critique de la valeur, est assez classique, elle est à mon sens celle d’une démission de la pensée qui se voudrait critique. On refuse tout simplement le concept de " totalité " (qui est central par exemple dans la pensée de Marx, de Lukacs comme de la première génération des philosophes de l’Ecole de Francfort avant le tournant pessimiste de ces derniers. Cf. Moishe Postone) et cela débouche sur l’abandon de toute théorie globale de la forme de vie présente, l’abandon de la critique de l’économie politique qui est la marque de la pensée contemporaine. Dès qu’il y a le moindre discours théorique construit qui saisit une totalité sociale, les plats que ne cesse de nous servir cette pensée post-moderne effondrée, c’est de dire " Horreur ! " que de chercher à expliquer de manière cohérente et approfondie la réalité sociale historiquement spécifique au capitalisme. Toute tentative dans ce sens est pathétiquement étiquetée par le terme fourre-tout de " scientisme ", qui est très commode pour ne pas discuter. Depuis 40 ans, depuis la fin des Trente Glorieuses aucune accumulation réelle n’apparaît dans le capitalisme, il y a une crise pas possible, mais non, impossible de réfléchir à cela en revenant " à la racine " d’une logique sociale profonde qui totalise une société. Toute réflexion sur la nature, la logique et la dynamique de la société capitaliste ne vaut plus la peine et devient suspecte.

La crise contemporaine est alors double, la décomposition du capitalisme s’accompagne de celle de ses pseudo-critiques spécialisées post-modernes qui régressent dans un fétichisme du " cri " (cf. le livre d’Anselm Jappe, " Crédit à mort. La décomposition du capitalisme et ses critiques ", Lignes, 2011, qui revient là-dessus de manière approfondie).

Sur un autre point, dans son livre, R. Kurz s’exprime aussi très clairement sur la non-évidence du lien entre une réflexion qui saisit une totalité sociale objective et « l’attentisme ». Tant que le processus de valorisation peut se faire, il se fera ; La logique sociale folle et objective se déploiera et se manifestera sous la forme du désastre multidimensionnel (social, écologique, énergétique, esthétitique, etc.), la barbarisation des rapports sociaux s’étendra comme le désert. Donc si on avait lu le livre, pour Kurz (et d’ailleurs pour l’ensemble du courant de la critique de la valeur), clairement l’effondrement du capitalisme n’est pas une aubaine pour la révolution, ce n’est en rien un espoir et une attente. L’émancipation ne sera pas au bout du processus de crise, il ne faut pas attendre la fin du capitalisme, au contraire, ce sera impossible, car après le capitalisme c’est la barbarie (et là le mot de Marx « Socialisme ou barbarie » est d’une extrême actualité). Seule une lutte au contenu profondément nouveau, c’est-à-dire au-delà de la lutte des classes (qui ne réclame que la redistribution des catégories capitalistes et sanctifie une société fondée sur le travail, comme le pense Proudhon et l’ensemble du mouvement ouvrier historique) et au-delà de la politique dans sa forme contemporaine, pourra fonder une nouvelle forme de synthèse sociale de individus, nouvelle forme de cohésion sociale (c’est à ce niveau que doit être porté la révolution selon Kurz), au-delà d’une structuration des individus entre eux au travers du travail, de la valeur, des marchandises, de l’argent et de l’Etat.
Je réponds aussi rapidement rapidement, à ce qu’a dit Irene au sujet d’un supposé " idéalisme " de la critique de la valeur. La critique de la valeur cherchejustement à dépasser le schéma base-superstructure hérité du marxisme traditionnel, comme quoi ce serait l’infrastructure économique qui déterminerait la superstructure idéologique, que la matière serait avant l’idée. Quantité de critique de ce matérialisme historique ont renversé le sablier marxiste base-superstructure en disant que désormais ce sont les idées qui fondent la matière (disons rapidement, Foucault et ses « episteme », Castoriadis et ses « significations imaginaires radicales », Michéa dans sa première mouture - parait-il qu’il a mis de l’eau dans son vin dans « Le mythe d’Orphée », etc.). Pour la critique de la valeur, il faut à la fois dépasser la position matérialiste comme la position idéaliste.

Pour résumé rapidement et présenter cela un peu « au couteau » : Disons que plusieurs auteurs de la critique de la valeur, ont cherché à dépasser ce ping-pong entre matérialisme et idéalisme (Michel Henry a critiqué le matérialisme du XVIIe siècle et celui qui sera celui de Feuerbach, comme un « matérialisme de l’idée », le matérialisme est en fait un idéalisme de la matière). Pour ces auteurs, les formes de pensée (formes de conscience) correspondent plutôt de manière corrélative à des formes de cohésion sociale : des formes de médiations sociales correspondent à des formes de consciences, sans que l’on sache qui est avant qui, qui détermine qui. On parle alors de « matérialité sociale ». Par exemple, l’égoïsme, l’individualisme ou l’utilitarisme ne sont pas une question de l’individu, une question morale ou d’excès, mais correspond à une forme de vie sociale, c’est une question qui doit être saisie au niveau de la structure sociale de la forme de vie collective présente. Les deux vont ensemble de manière structurelle. Ainsi, quand les individus se rapportent les uns aux autres de manière structurelle au travers du travail et de ses résultats (marchandises et argent), chaque individu devient pour un autre un simple moyen. Ma boulangère, structurellement est un moyen pour moi pour obtenir un bien, je suis dans ce type de rapports sociaux, qu’un moyen pour elle pour obtenir une somme d’argent, qui lui permettra d’obtenir des marchandises qu’elle ne produit pas, etc. Ce n’est pas une question de comportement individuel ou de morale, c’est une question de structure de la forme de cohésion sociale globale où prennent place les individus sans l’avoir choisi. Chaque individu dépense une capacité de travail qui lui permettra d’obtenir un salaire, qui lui permettra d’obtenir des marchandises que d’autres individus auront fabriqué ou vendront dans le même but (on dit que le travail est socialement médiatisant, dans les rapports sociaux capitalistes). Chaque individu rentre en relation avec l’autre, au niveau structurel (dans cette forme de vie capitaliste), comme possesseur de marchandises, soit d’une force de travail à vendre, soit comme possesseur d’une forme argent, soit sous la forme d’un bien à vendre. Les individus ne sont les uns pour les autres que des moyens, c’est ce que l’on peut appeler la réification des rapports sociaux (les individus sont devenus des choses, des moyens, des utilités, ce sont nos objets qui déterminent aussi nos rapports sociaux de manière structurelle). Les rapports sociaux sont ainsi réellement utilitaristes, individualistes et égoïstes. Ce n’est pas structurellement la faute à un manque de morale et d’individu. Mais, en effet, les formes de conscience utilitaristes (idéologie de la gagne, du self-made man, ect, par exemple) rétroagissent aussi de manière circulaire pour reproduire la forme de cohésion sociale. Les formes de conscience renforce et reproduise une telle forme de cohésion par le travail, l’argent, etc. Ainsi forme de cohésion sociale et formes de conscience rétroagissent de manière réciproque et circulaire les unes sur les autres. C’est en boucle on pourrait dire (Marx parle de « causalité circulaire »). Pour creuser là-dessus, toute cette question est développée par exemple dans le livre de Moishe Postone, « Temps, travail et domination sociale. Une réinterprétation de la théorie critique de Marx », Mille et une nuits, 2009, dans le chapitre « formes de médiation sociale et formes de conscience ».

Mais si l’on veut avoir des rapports sociaux non-utilitaristes, alors il nous faudra aussi bien inventer une autre façon de se rapporter les uns aux autres (autrement qu’au travers du travail, de la valeur, de l’argent et de la production de marchandises), que nous arracher aux formes de conscience propre à l’individu structuré dans la forme de vie capitaliste. Il faut tenir deux bouts : Inventer une autre forme de vie sociale et disons, « décoloniser l’imaginaire » pour parler comme Latouche. Mais pour la critique de la valeur, l’un ne peut aller sans l’autre. Voilà en gros, le propos.


Les « décroisseurs » interrogent la crise - B. Javerliat - 7 février 2012 à  08:59

On a bien compris, le capitalisme ça pourrit les rapports humains et par conséquent ça pourrit les humains. Et que si on attend que le capitalisme s’effondre de lui même, ce qui est inéluctable, on n’aboutira qu’à une barbarie genre Mad Max (on a les références qu’on peut). Mais en attendant, on fait quoi ? On partage ou on partage pas ? On aménage l’existant à la faveur du plus grand nombre ou on laisse le plus grand nombre crever la gueule ouverte pendant que les autres se gavent* ? Autrement dit, est-ce que par hasard, un con qui marche n’irait pas plus loin qu’un intellectuel assis ? (Meme si, je vous l’accorde, quand l’intellectuel se lèvera, il ira sûrement dans la bonne direction !)

* Parceque la barbarie, on l’a à nos portes. Allez voir en Grèce ce qui se passe. Le capitalisme, avant de s’effondrer sur lui même, commence par organiser le pillage des peuples à son profit. La Commission du droit international de l’ONU souligne que « On ne peut attendre d’un État qu’il ferme ses écoles et ses universités et ses tribunaux, qu’il abandonne les services publics de telle sorte qu’il livre sa communauté au chaos et à l’anarchie simplement pour ainsi disposer de l’argent pour rembourser ses créanciers étrangers ou nationaux. Il y a des limites à ce qu’on peut raisonnablement attendre d’un État, de la même façon que pour un individu.  » C’est exactement ce qui se passe en Grèce. Le Portugal et l’Espagne sont sur la même voie. Et c’est ce qui se passera chez nous si on ne bouge pas.

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Les « décroisseurs » interrogent la crise - kobayashi - 12 février 2012 à  11:59

La Ministre de la Dépossession, Christine Lagarde, le 10 juillet 2007, disait : « la France est un pays qui pense. Il n’y a guère une idéologie dont nous n’avons fait la théorie. Nous possédons dans nos bibliothèques de quoi discuter pour les siècles à venir. C’est pourquoi j’aimerais vous dire : assez pensé maintenant. Retroussons nos manches. » Ne leur ressemblez pas, n’ayez pas peur de réfléchir, cela ne vous fera pas de mal. Mais par pitié, épargner nous votre suffisance et votre service après-vente permanent pour Mélenchon. Si vous n’êtes pas d’accord avec des discours construits, portez alors la contradiction sur leur contenu (c’est ça le débat) et arrêtez de cacher votre grosse absence d’arguments derrière un tout petit anti-intellectualisme trop facile que l’on retrouve traditionnellement à droite et à l’extrême-droite. Ce n’est pas vous le savez, la tradition historique de la gauche (il suffit d’entendre Mélenchon dans son meeting de Villeurbanne).

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Les « décroisseurs » interrogent la crise - B. Javerliat - 12 février 2012 à  16:56

Sympa comme message. En un commentaire vous flirtez déjà avec le point Godwin :

« arrêtez de cacher votre grosse absence d’arguments derrière un tout petit anti-intellectualisme trop facile que l’on retrouve traditionnellement à droite et à l’extrême-droite ».

Passons sur ma supposée “suffisance” (dont vous semblez avoir une bonne dose à la lecture de cette phrase), et voyons ma supposée absence d’arguments : où sont les votres dans ce commentaire ? A part me conseiller avec condescendance de "réfléchir un peu" ce qui ne me "ferait pas de mal" (pas suffisant non plus, tiens, ça), j’en vois pas. Je posais juste une question dans ce commentaire : refaire la critique de la critique de la valeur, c’est bien, sûrement indispensable, même. Mais là, à l’instant où l’on cause y’a le feu. Et qu’il serait peut-être temps d’agir aussi. Et que l’incendie a été allumé par les amis de celle qui a justement dit « Assez pensé maintenant. Retroussons nos manches ». Il faut leur reconnaitre, avec cette méthode, une certaine réussite, non ?

Je fais celui qui voit pas, là, mais j’ai bien compris ce qui vous a piqué dans mon commentaire. C’est mon histoire de con qui marche et d’intellectuel assis. Bon d’accord, c’était peut-être pas très fin, et peut-être n’aimez vous pas Michel Audiard. Mais il n’a rien inventé. Il a juste dit en plus drôle ce que d’autres ont déjà dit. Tiens, comme ça, par exemple, ça passerait mieux ? « Il vient une heure où protester ne suffit plus : après la philosophie, il faut l’action. »

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Les « décroisseurs » interrogent la crise - DD - 6 février 2012 à 10:15

pour dégager des profits, les entreprises en concurrence doivent gagner en productivité. Cela signifie produire plus en utilisant moins de travailleurs. Les gains de productivité engendrent donc logiquement et nécessairement du chômage.

Une remarque qui a alimenté les angoisses de nombre d’ouvriers lorsqu’ils ont commencé à voir arriver dans leurs usines des machines qui travaillaient comme dix hommes.

La doctrine productiviste a voulu rassurer d’une manière, pour le coup, très scientiste. C’est le petit Alfred Sauvy qui s’y est collé avec sa théorie du déversement : les emplois détruits sont compensés par (entre autres) ceux nécessaires à la fabrication, l’approvisionnement et l’entretien des machines.

Dans le meilleur des cas, le "gain de temps" serait, selon Sauvy, "perdu" par un mécanisme semblable à celui identifié par Illitch (j’écorche peut être son nom) tel qu’il nous a été exposé lors du dernier café.

Mais surtout, la théorie de Sauvy a tôt fait de tomber toute entière sous l’analyse. Car en fait, le travail "recréé" ne peut être aussi bien rémunéré que celui de la machine (sans parler des ouvrier qu’elle remplace) faute de quoi ce mécanisme de déversement, en ne faisant que déplacer le coût de revient sur l’échelle de la production, ferait obstacle au mythe du cercle vertueux de la croissance, lequel passe par une répercussion des gain de productivité sur les prix.

Du coup, les ouvriers qui angoissaient ont eu raison et de la manière la plus désagréable qui soit.

Je regrette de n’avoir pu être là. Avez-vous fixé une date et un sujet pour le prochain ?


Les « décroisseurs » interrogent la crise - bombix - 6 février 2012 à  10:30

Avez-vous fixé une date et un sujet pour le prochain ?

Au mois de mars, date à préciser. Avec Irène Pereira, sociologue et philosophe, autour du thème de la technique. Toutes informations sur le site des décroisseurs berrichons. Une liste de diffusion existe pour être tenu au courant des activités organisées.
En avril, conférence avec Dany-Robert Dufour et Anselm Jappe. En mai, avec Denis Collin, autour de son dernier livre, La longueur de la chaîne.

Toutes ces manifestations seront annoncées et présentées dans l’Agitateur.

Répondre à ce message #34888 | Répond au message #34887
Les « décroisseurs » interrogent la crise - DD - 6 février 2012 à  11:26

merci !

Répondre à ce message #34891 | Répond au message #34888