Editorial Juillet 2011

Ensemble tout devient possible

mardi 12 juillet 2011 à 14:30, par Mister K

D’ici 2012, comme depuis toujours, on va refaire le monde. Quand on dit "on", on dit, vous, nous, tout le monde. Entre amis, en famille, au bistrot, à la plage, en montagne, chez soi, chez les autres, on va discuter de notre avenir, à nous, très peu modestes français. Les sujets seront aussi vastes que les (centres) intérêts sont variés. Tout y passera. Enfin, beaucoup de choses.

Alors on va discuter, beaucoup discuter. Autour d’un repas ou d’un ou plusieurs verres. On en ressortira, d’accord ou pas, convaincus ou pas. Et puis on remettra ça la prochaine fois. Ce qui est dommage, c’est qu’il ne restera pas de traces de ces millions de discussions. Remarquez, peut-être que cela vaut mieux. Ou peut-être pas. C’est peut-être dommage de ne pas avoir de visions synthétiques de nos discussions. Finalement, de quoi parle t-on dans les chaumières ou les troquets ? De quelle façon refait-on le monde un peu partout ? Bon, il est vraisemblable que les médias et particulièrement la télévision ont encore une énorme influence sur nos discussions... et donc sur nos pensées politiques. Et ce n’est certainement pas la meilleure des choses.
Alors évidemment, pour refaire le monde concrètement, tout le monde vous le dira, il faut s’engager, se regrouper. Les partis politiques ont longtemps été les structures ultimes de l’engagement mais ne font plus trop rêver en 2011. Les partis politiques ont pour objectif de conquérir le pouvoir avant de refaire le monde. Et une fois au pouvoir, ils ne refont pas grand-chose. Le travail étant encore central dans notre société, les syndicats sont également des structures potentielles pour refaire le monde. Mais paradoxalement, alors que le monde du travail se durcit d’années en années pour les salariés, l’engagement syndical se fait de plus en plus rare, d’où le cercle infernal : les syndicats salariés sont de moins en moins puissant et donc de moins en moins écoutés par le pouvoir politique, surtout quand il est de droite. Autre endroit où l’on refait le monde ailleurs que dans son salon, les associations. Le monde associatif tente souvent de créer sa bulle, son monde merveilleux où tout devient possible. Malheureusement, toutes ces bonnes initiatives sont souvent rattrapées par le concret de notre société et le manque de moyens. L’énergie, le dévouement de quelques-uns s’épuise au fil du temps et le périmètre des actions est souvent limité.

Quand on fait le bilan de tout cela, on en arrive à l’idée que refaire le monde entre amis autour d’un verre, c’est finalement pas si mal. C’est déjà quelque chose. Certes, on se sent impuissant muni de notre seul bulletin de vote. Mais au moins, on réfléchit, on fait réfléchir, on apprend des choses, on échange, on s’informe. S’informer et s’instruire, c’est certainement au 21ème siècle deux choses essentielles pour, si ce n’est refaire le monde, au moins faire le monde.
Depuis quelques années, internet et le web sont des outils qui ont démultiplié nos capacités de nous informer et nous instruire. Encore faut-il s’en servir et s’en servir correctement. Passer tout son temps sur Facebook, c’est vraisemblablement du gâchis. Alors il faut des passeurs, y compris sur Facebook.
Il faut se servir des outils à notre disposition pour démultiplier nos discussions familiales, amicales, associatives, syndicales ou politiques. L’Agitateur permet modestement cela depuis 14 ans maintenant. La quinzième année qui va s’ouvrir à partir du mois de septembre prochain sera peut-être la dernière et nous mènera jusqu’en 2012. 2012, ce n’est pas la fin du monde. Il faudra encore refaire le monde ensuite. On espère que vous serez encore plus nombreux à le faire dans ces pages.


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commentaires
Ensemble tout devient possible - l’agacé - 23 juillet 2011 à 21:14

j’espère effivement que l’agitateur sera encore là pour de nombreuses années pour lire, comprendre et découvrir notre milieu local qui nous désabuse tous les jours un peu plus par les gachis que l’on peut voir partout notament dans les collectivités qui dépensent outrageusement notre argent public. Merci à vous de nous ouvrir les yeux sur notre monde toujours plus complexe.