Editorial Mai 2011

Un an pour donner de la voix

lundi 2 mai 2011 à 07:32, par Mister K

Dans un an, en Mai 2012, on parlera encore et toujours de l’élection présidentielle française. Comme on en parle depuis 2007. Ou depuis 2002. En ce début de Mai 2012, Sarkozy, sauf événement particulier, sera encore président. Pour quelques jours peut-être. Ou pour 5 ans encore.

L’élection du monarque présidentiel ne sort plus des têtes, des ambitions. C’est l’élection non-stop. La campagne non-stop. Que ce soit du côté du pouvoir et du gouvernement que du côté des oppositions, de droite et de gauche. La faute au quinquennat. Mais à l’époque du septennat, ce n’était guère mieux. Le mal est plus profond. La Vème République, taillée sur mesure pour De Gaulle, n’y est pas pour rien. Le problème, c’est que le Président de la République n’est plus l’homme providentiel depuis très longtemps. Nos institutions sont obsolètes, elles ne sont plus adaptées à l’époque. C’est une démocratie datée et plus qu’imparfaite. Mais quel candidat osera réellement s’attaquer à une institution qui pourrait le porter au sommet d’un pays, la France ?

À un an de l’échéance, on va rentrer dans le vif du sujet. Les bilans et les projets bien sûr. Mais surtout, la personnalisation, le mal de cette élection. À droite, ce sera moins simple que prévu. Le très mauvais bilan de Nicolas Sarkozy, son impopularité record, est matérialisé par la multitude d’ambitions qui naissent à droite et au centre. Ces ambitions naissantes sont la véritable preuve de l’échec de la politique de Sarkozy qui, même dans son camp, n’est plus intouchable. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne sera pas réélu. À gauche, ce sera très compliqué. La gauche est plus que jamais divisée. Le principal parti de gauche, le parti socialiste est très contesté et affaibli par des années d’errance et par l’absence d’un véritable leader incontesté. À un an de l’élection, difficile de prévoir quoi que ce soit. Tout est possible.

Dès à présent, la conquête du pouvoir s’organise. À toutes les échelles politiques du pays, du responsable national au militant local. Car derrière l’élection présidentielle se cache une élection bien plus importante, les élections législatives. Ce sont les législatives qui permettent réellement de gouverner. Et si les enjeux sont nationaux, les ambitions sont locales. Pour pouvoir espérer être élu, un des atouts est d’avoir misé sur le bon cheval lors de l’élection présidentielle. Dans le Cher, les deux députés de droite, godillots assumés de l’UMP, Louis Cosyns et Yves Fromion devraient, sauf surprise, soutenir Nicolas Sarkozy. Serge Lepeltier aura t-il le temps de rouler écolo pour Jean-Louis Borloo ? Cela fera partie des petites distractions locales. Pour les élus locaux de gauche, ce sera encore plus compliqué. Côté communiste, Jean-Claude Sandrier soutiendra t-il la candidature à la candidature du communiste d’André Chassaigne ou bien celle de l’ex-socialiste et désormais allié au Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon ? Yannick Bedin a déjà choisi. Mais devra peut-être rentrer dans le rang, Mélenchon semblant avoir la cote, côté dirigeants communistes. Au Parti Socialiste, dès juin, la bataille des personnes risque de faire rage. Irène Félix qui roule habituellement pour Martine Aubry, en cas de non candidature de sa championne, se consolera t-elle avec le très droitier DSK ou avec le bonhomme Hollande ? Yann Galut parviendra t-il à faire un choix ? À l’extrême gauche, pour qui rouleront les militants ?

Bref, vous l’avez compris, au niveau local aussi, les feuilletons people politiques risquent de nous distraire. Et c’est bien là le problème. Car derrière ces enjeux politiciens, on risque de passer à côté de l’intérêt des élections, c’est à dire le débat d’idées. À l’Agitateur, fidèles à nous mêmes, on tentera de sortir des ornières de la personnalisation pour participer et contribuer au débat sur l’avenir de notre pays, l’avenir de tous les français. Et comme toujours, c’est votre participation au débat qui en fera le succès. On compte sur vous pour faire un peu plus que mettre un bulletin dans l’urne et nous sortir du spectacle désolant de la politique academy. La société du spectacle ne peut pas être notre seul horizon. L’indignation, la révolte passe d’abord par l’expression en toute liberté. Et s’exprimer, c’est déjà se donner une chance d’être écouté. Il nous faudra pour cela donner de la voix.


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commentaires
Un an pour donner de la voix - bombix - 2 mai 2011 à 15:45

Si Yann Galut n’a pas encore choisi, et si Yannick Bedin a déjà choisi, c’est pour des motifs exactement inverses. Yannick Bedin défend sa formation politique et le mouvement d’idées dont elle est l’héritière. Yann Galut défend ... Yann Galut. Un jour à la gauche du parti (soutien de Dray), un jour à sa droite (soutien de Royal), selon que le vent tourne, dans un sens ou dans l’autre. Il n’est pas tout seul. C’est tout le PS — dont le "logiciel" est une sorte de fourre-tout bien vague, mêlant une certaine tradition marxisante (modèle Mélenchon), une deuxième gauche anti-communiste (modèle Delors), et un gros morceau libéral qui ne compte plus lutter contre le capitalisme mais jouer sa partie avec lui (modèle Strauss-Kahn) — qui est habité par des personnalités qui naviguent au gré du vent et des courants, soucieuses de se placer dans la bonne écurie pour relancer leurs parcours, à certains moments clés de l’évolution du parti et de l’opinion dans le pays (cf. épisode référendum TCE). Cela donne des parcours parfois peu lisibles, puisque le champion d’hier n’est plus celui d’aujourd’hui, et ne sera pas celui de demain. Parfois, les champions eux-même changeants, on a changé de ligne sans changer de champion (ainsi Irène Félix, par fidélité à L. Fabius, se déplaçait soudainement de l’aile droite du parti à son aile gauche, suite à la décision de Fabius de soutenir le non au TCE). Il y a pt être une certaine cohérence au fond de tout ça. Yann Galut proclame toujours qu’il est de gauche, et pour qu’on comprenne bien, il écrit toujours ce mot avec une majuscule : la Gauche. Vu de l’extérieur, cela ressemble à du canotage pour faire progresser une carrière. Parfois, "ça fasseye" un peu dans les voiles ... ;-) Parfois, la voile bat en ralingue ;-))
Je le dis d’autant plus volontiers que j’ai brocardé Yannick Bedin pour son soutien à Chassaigne. Cela ne m’empêche pas de penser qu’il y a de la noblesse dans la fidélité à des idées et à une formation politique, aussi critiquable soit-elle dans son fonctionnement.


Un an pour donner de la voix - L’homme qui a vu l’homme qui a vu chassaigne - 5 mai 2011 à  18:05

Cela ne m’empêche pas de penser qu’il y a de la noblesse dans la fidélité à des idées et à une formation politique, aussi critiquable soit-elle dans son fonctionnement.

Pas d’accord ! Que vient faire la noblesse (même d’âme) là-dedans ? A part l’alcool et les subventions de telle commune ou de tel CG, je ne vois pas ce qui pousse les gens à rester au PCF ! N’allez pas me dire que c’est le programme (ou plutôt dites moi quel est le programme car, contrairement à Mélenchon, je n’ai jamais entendu de propositions concrètes de la part des cocos, à part pour cuire les merguez à la fête de l’huma bien entendu) ! Ou alors est-ce le souffle puissamment charismatique de Pierre Laurent aussi "bankable" pour une élection qu’une boîte de sardines à l’huile ? Du point de vue de la fonction politique et sociale, les communistes ont au moins autant d’intérêt que les types qui distribuent les sachets de cochonou chaque été sur la caravane du Tour de France (qui, si on voulait bien changer quelques sponsors, serait assez semblable à une manif cgt lambda).

Non, comme Bedin n’est pas trop con (enfin en tout cas moins con que la moyenne des communistes...à tel point qu’il pourrait être socialiste s’il soignait son hygiène corporelle mais c’est un autre sujet), il reste au parti communiste (et soutient donc ce concentré de pilosité qu’est chassaigne) PAR PUR CONFORT !

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Un an pour donner de la voix - F.Renard - 9 mai 2011 à  20:00

Bombix t’es ti vilain, mais j’apprécie ton analyse, certes taillée à la serpe mais parfois écrire juste ce qui se passe et se passera est tellement déconcertant que le style nous parait violent alors que c’est juste la réalité qui cogne.
Par contre le lourdaud qui répond à ton article a totalement perdu le sens des mots "réflexion et analyse" ; attaquer la personne juste parce que l’on est incapable de faire mieux m’attriste, pour conclure sur ce personnage (qui ne signe pas) je dirai qu’il vaut mieux fermer sa gueule et passer pour un con que l’ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet.

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