Humeur d’un chagrin

Capitulation en rase campagne

Ou « cassez-vous, pov’ cons, j’ai gagné ! »
samedi 23 octobre 2010 à 08:59, par B. Javerliat

Voilà, c’est fini. Sarko a gagné. Nouveau trophée à son tableau de chasse de la régression sociale [1]. Et pas n’importe lequel. C’est LE symbole des conquêtes sociales qui est dézingué. Conquêtes sociales qui, depuis l’avènement du capitalisme, n’ont cessé d’arracher à chaque fois un peu du temps consacré au travail pour le rendre au temps de vie. Pour ne pas perdre sa vie à la gagner. Le cliquet anti-retour a sauté ; plus rien n’empêche maintenant Sarko de « défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance  » [2].

Capitulation en rase campagne
Affiche du syndicat étudiant UNEF

Car qui va s’opposer aux prochaines régressions ? Qui va vouloir perdre des jours et des jours de salaire pour s’opposer à la prochaine attaque, tout en sachant que ça n’aura aucun effet ? Deux mois de contestation, de grèves, de manifestations géantes pour rien. La mobilisation n’a jamais faibli, les gens étaient toujours aussi nombreux dans les rues, avec la volonté d’arrêter le massacre. Malgré tout cela, la loi poursuit son chemin aux Assemblées, comme si de rien n’était. Mépris total. Et que proposent les syndicats pour amplifier la contestation et emporter le morceau ? Une nouvelle promenade de santé, chacun dans sa ville, le 26 octobre. Et une autre encore le 6 novembre ! A quoi ça rime ? Si 6 journées de manifestations n’ont rien changé quand la loi n’était pas encore votée, à quoi vont servir deux journées supplémentaires maintenant qu’elle l’est ? A constater que les gens sont démotivés et ne viennent plus manifester ? Et pouvoir alors justifier la fin des hostilités, faute de combattants ? Il faut savoir terminer une grève. Oui, mais après avoir obtenu satisfaction. Et là, que dalle. Nombreux étaient ceux dans les cortèges qui souhaitaient une manif géante à Paris, avec des millions de personnes. Remontés comme on est, y’en aurait eu du monde entre Bastille et Nation. Sans doute n’aurait-ce pas changé le cours de l’affaire. Mais au moins, c’aurait été une sortie par le haut. Alors que là, ça va se terminer en quenouille. Ou en queue de couille, pour être plus clair. Car ça n’est pas le blocage des raffineries qui va changer quelque chose. Au contraire. Si les Français n’aiment pas l’injustice, ils aiment encore moins le bordel généralisé. Encore quelques jours sans carburant, et les 70% d’opinion favorable aux manifestations vont fondre comme neige au soleil. Quelque chose me dit que c’est ça qu’attend Sarko...

Parallèlement, une petite musique est en train de naître :
« Les manifestants ont de toutes manières gagné. Ils demandent l’annulation de la réforme des retraites, la majorité des français les approuvent, et le parti socialiste s’est engagé à abroger la réforme s’ils reviennent au pouvoir. Grâce au mécontentement populaire, le parti socialiste sera donc majoritairement élu à l’Assemblée Nationale en 2012, et la réforme Sarkozy sera donc abrogée en 2012, avant même sa première application.  »
Ben voyons. Tout d’abord, les promesses n’engagent que ceux qui les croient. Et les promesses des socialistes, y’a longtemps qu’on n’y croit plus. S. Royal, juste après avoir été battue par Sarko, n’a-t-elle pas avoué qu’elle n’aurait jamais porté le SMIC à 1500 euros, comme inscrit dans le programme du PS, sous prétexte que ca serait irréaliste ? Et ensuite, où avez-vous vu que le PS était opposé à cette réforme ? Dans les manifs, peut-être, mais dans les écrits, sûrement pas. Le contre-projet socialiste entérine l’allongement de la durée de cotisation pour obtenir une retraite pleine. C’est écrit noir sur blanc ici : « L’allongement des durées de cotisation (41,5 ans en 2020) et 50% de l’augmentation de l’espérance de vie au-delà si nécessaire. » Et cela a été confirmé par Martine Aubry pas plus tard qu’il y a 15 jours à la télé, dans l’émission de Chabot : « Nous reviendrons aux 60 ans pour ceux qui ont travaillé tôt et qui ont fait des travaux pénibles  », a-t-elle dit. Mais, elle a immédiatement ajouté, «  nous acceptons parfaitement l’augmentation de la durée de cotisation  » à 41, 5 années de cotisation. A 6 mois près, c’est exactement ce que dit la réforme de Sarko !
 [3]
Le pire, c’est que cette arnaque marche ! Je connais personnellement deux personnes qui ont adhéré au PS durant la période des manifs parce que le PS dit vouloir abroger la réforme de Sarko s’il gagne les prochaines élections. Encore de futurs déçus du socialisme !

S’il faut savoir finir une grève, il faut aussi savoir finir un billet d’humeur. Avant de devenir grossier, je préfère m’arrêter là…

Il y a bien un parti qui souhaite revenir à la retraite à 60 ans avec 37,5 années de cotisation, c’est le PC. Mais au vu de ses précédents électoraux, et vu le choix du candidat envisagé, le PC devrait encore cartonner avec un score avoisinant les 1 à 2%. Le PC préfère se suicider tout seul (je sais, c’est un pléonasme) plutôt que de choisir un candidat capable de lui faire sortir la tête de l’eau. A ce propos, jetez donc un œil au blog de Mélenchon. Ca donne un peu d’oxygène...

[1Benoit Apparu, secrétaire d’Etat au Logement, a déclaré à propos du relèvement de 60 à 62 ans de l’âge légal de départ à la retraite, que « Pour beaucoup de syndicats, et je les comprends, c’est une forme de régression sociale. Oui, bien sûr, clairement. » Surprise, la journaliste lui demande de confirmer qu’il reconnait bien qu’il s’agit d’une "régression sociale". « Evidemment. Comment pourrait-il en être autrement ? Quand vous dites à quelqu’un : "Vous allez cesser de travailler non pas à 60 ans mais à 62 ans", c’est un recul par rapport à un acquis social. Mais j’assume totalement ce recul : il me paraît nécessaire ». Ce qui est bien avec l’UMP, c’est qu’ils ne s’encombrent pas de faux-semblants.

[2Denis Kessler, dans l’hebdomadaire « Challenges », le 4 octobre 2007 :
« Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme...
A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! (...) »

La suite ici

[3Pascal Cherki, membre du Bureau National du PS, le 19 octobre 2010 :
« En prenant connaissance du contenu de l’intervention de notre Première Secrétaire lors de son passage à l’émission « A vous de juger » j’ai eu un doute. Comment Martine Aubry a-t-elle pu, alors que nous sommes en pleine mobilisation contre le projet profondément injuste de remise en cause des retraites par répartition, affirmer son accord avec l’allongement de la durée légale des cotisations ? Et comme, par sa parole, notre Première Secrétaire nous engage tous, je me demande si nous prenons bien la mesure de ce qui est en train de se passer dans notre pays actuellement : à savoir une colère de plus en plus explicite et de plus en plus importante contre un sentiment de profonde injustice qui règne depuis de nombreuses années dans notre pays. J’avoue que je ne comprends toujours pas les motivations qui ont conduit notre Première Secrétaire à faire cette déclaration devant des millions de téléspectateurs. Qu’aurions-nous dit si, en plein mouvement contre le projet de réforme de Devaquet en 1986 François Mitterrand avait manifesté son accord avec une partie de ce projet de loi ? Qu’aurions-nous dit si en plein mouvement contre le CPE, François Hollande avait manifesté son accord avec une partie de ce projet de loi ? C’est pourquoi je ne trouve aucune explication rationnelle à cette déclaration de Martine Aubry. (...) »
La suite ici.


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commentaires
Capitulation en rase campagne - B. Javerliat - 27 octobre 2010 à  18:14

J’ai lu votre lien "Quand la gauche accuse Nicolas Sarkozy de rouler pour son frère".
Ca se termine par une phrase de Marini : "Tout ceci ne fera que se développer, bien entendu. C’est la nature des choses". La phrase n’est pas terminée, en fait. Ce qui est dans la nature des choses, c’est le chacun pour soi ! Rappelez-vous la pub "Pourquoi je payerais comme un malade quand je ne suis pas malade" ? Tout est dit là, non ?

Répondre à ce message #29776 | Répond au message #29775
Capitulation en rase campagne - Eulalie - 27 octobre 2010 à  20:09

Ben disons que ça n’engage qu’eux que la nature des choses serait le chacun pour soi. C’est en effet leur politique, leur com’. Mais en rien cela ne signifie réellement que tout est dit.

Répondre à ce message #29777 | Répond au message #29776
Capitulation en rase campagne - Eulalie - 27 octobre 2010 à  20:57
Répondre à ce message #29779 | Répond au message #29776
Capitulation en rase campagne - Eulalie - 27 octobre 2010 à 17:12

Sur le blocage des raffineries (article et commentaire interessant)

Mederic-Malakoff occupée

et tant d’autres à trouver sur Internet.

Capitulation des salariés, précaires, chomeurs, lycéens, étudiants, ? Faut voir... C’est à dire que si on ne regarde que sur Bourges, le Cher et les médias nationaux, forcément, on devient défaitiste

Je crois avoir compris que la loi ne peut être promulguée qu’après le 15 novembre.


Capitulation en rase campagne - Mister K - 24 octobre 2010 à 13:19

Le titre de cet article aurait mérité un point d’interrogation. En effet, au moment où j’écris ces lignes, rien n’est joué. Certes, le processus législatif est bien avancé concernant le réforme des retraites mais il reste à passer la commission mixte paritaire et certainement le conseil constitutionnel. Mais même une fois la commission mixte paritaire passée et la loi promulguée, rien n’interdira que le mouvement continu. Donc, affirmer, le 23 Octobre 2010 que Sarkozy a gagné est quand même prématuré. D’autant qu’il pourrait s’agir d’une victoire en trompe-l’oeil. Pour le moment, Sarkozy perd sur sa capacité à dialoguer : plus autiste que lui et son gouvernement, on ne fait pas. Il perd aussi sur sa capacité à fédérer : il passe son temps à diviser les français. Il perd également sur incapacité à proposer une réforme des retraites durable : dès 2018, il faudra sur le métier remettre l’ouvrage.

Ensuite, si victoire il y avait, elle pourrait bien être provisoire...à condition bien sûr, que les successeurs potentiels de Sarkozy et sa clique fassent une véritable réforme des retraites qui prenne en compte les revendications des manifestants de 2010. Et effectivement, ça, ce n’est pas gagné. Mais ce sera tout l’enjeu des campagnes présidentielle et législatives pour les candidats de gauche : proposer un projet sur les retraites crédible et fédérateur. Que Sarkozy impose sa pseudo-réforme ou que les manifestants obtiennent satisfaction, le débat sera forcément ouvert à cette occasion : il n’y a donc aucune raison d’être pessimiste mais toutes les raisons de rester combatif, quoiqu’il arrive.


Capitulation en rase campagne - B. Javerliat - 24 octobre 2010 à  19:26

C’est ce genre de réponse qui me rend pessimiste. (N’y voyez pas une attaque personnelle, cette opinion est tres largement répandue.) Dans ces quelques lignes vous montrez que vous avez intégré consciament ou non, qu’ IL FAUT UNE REFORME DES RETRAITES. Désolé, non !

1/ Parceque les retraites ont déjà été massacrées par les deux réformes précédentes Balladur et Fillon

2/ Parcequ’il n’y a pas de problème de manque d’argent. Sans vouloir faire l’instit des années 50 (vous savez, celles où les enfants apprenaient et finissaient par savoir compter et écrire), mais les retraites ne sont qu’un problème de baignoire ! En haut, le robinet qui alimente la baignoire (les cotisations), en bas la bonde par laquelle se vide la baignoire (les pensions). Quand les deux ont le même débit, la baignoire ne se vide pas. Sauf que depuis 30 ans, le patronnat n’a eu de cesse que de fermer le robinet ! Alors forcément la baignoire se vide ! La simple décision de supprimer les exonérations de charges dont bénéficient les employeurs en échange d’aucune création d’emploi suffirait à faire que la baignoire ne se vide plus ! Et quant aux crétins qui répondent que si on fait ça, les employeurs vont délocaliser ou se barrer, je réponds que ceux qui peuvent on déjà délocalisé ou se sont déjà barrés ! Ceux qui restent, c’est qu’ils ne peuvent ni délocaliser ni se barrer. Croyez-vous que si on enlevait les exonérations de charges sur les salaires de misère des caissières des supermarchés, ils fermeraient, ces supermarchés ? Tous les emplois délocalisables sont déja délocalisés. Ne restent que les emplois captifs. Qu’au moins ceux-là soient paricipent correctement à la solidarité nationale ! Et les 15% d’exonération de TVA ont-ils fait baisser les prix dans la restauration et créé des emplois ?

Faites gaffe de ne pas vous laisser bouffer par les vuvuzelas du liberalisme, merde !

Répondre à ce message #29746 | Répond au message #29743
Capitulation en rase campagne - B. Javerliat - 24 octobre 2010 à  19:32

Cliqué trop vite sur le bouton "publier" pour pouvoir relire et corriger :(

"consciemment" au lieu de "consciament"

"ceux qui peuvent ont déjà délocalisé" au lieu de "ceux qui peuvent on déjà délocalisé"

"Qu’au moins ceux-là participent correctement" au lieu de "Qu’au moins ceux-là soient paricipent correctement"

Répondre à ce message #29747 | Répond au message #29746
Capitulation en rase campagne - Mister K - 24 octobre 2010 à  21:37

Dans ces quelques lignes vous montrez que vous avez intégré consciament ou non, qu’ IL FAUT UNE REFORME DES RETRAITES. Désolé, non !

Dire qu’il faut ***absolument*** une réforme des retraites est faux évidemment. Le seul problème actuel est le déficit de l’assurance vieillesse. On pourrait très bien imaginer que le budget de l’état finance le déficit comme il finance des porte-avions. C’est un choix politique. C’est une chose.
Mais, dire qu’il ne faut pas une réforme, c’est dire que 1945=2010. Je suis désolé de le dire, mais ce n’est pas le cas. Les métiers ont beaucoup changé et évolué. Il y a dans le régime des retraites actuel des inégalités criantes en fonction des statuts. C’est un peu comme appliquer le code Napoléon au 21ème siècle. Il y a des choses qui ne tiennent pas la route. Le système des retraites actuel est relativement inégalitaire et injuste. Il ne serait quand même pas aberrant de revoir certaines choses. Et il n’y aurait pas de raison que cela n’aille pas dans le sens du progrès social. Être contre toute réforme, c’est penser que l’on ne pourrait pas progresser par rapport à 1945. Ce serait grave. Ensuite, je le redis, pour moi, ce que propose Sarkozy et le gouvernement Fillon est tout sauf une véritable réforme. C’est effectivement un ajustement de variables digne d’un problème de CM2. Ce n’est certainement pas une réforme.

Faites gaffe de ne pas vous laisser bouffer par les vuvuzelas du liberalisme, merde !

Aucun risque là-dessus, pour l’instant, j’essaie d’utiliser mon cerveau. Mais quand on parle réforme, je le répète, cela pourrait aller dans le sens du progrès social. Pourquoi le mot réforme devrait-il forcément signifier le recul social ? C’est ce qui différenciait grandement la gauche et la droite depuis très longtemps : la gauche a réalisé des progrès sociaux quand le droite ne cherche qu’à les limiter voir les faire régresser avec comme seul argument, l’argument médiocre du financement. Posez-vous cette simple question : qu’est-ce que Nicolas Sarkozy a réalisé qui soit positif pour ***l’ensemble*** des français ? Cherchez bien, vous ne trouverez pas. Et c’est bien cela le drame. Pour moi, gouverner c’est faire avancer la société toute entière, bien au-delà de la gestion du quotidien. Et s’interdire toute réforme ne va pas dans ce sens.

Répondre à ce message #29748 | Répond au message #29746
Capitulation en rase campagne - Eulalie - 25 octobre 2010 à  12:56

Quelles sont-elles les revendications des manifestants de 2010 ? Je n’ai toujours pas compris. Je ne les lis, ne les vois , ne les entends nulle part. Par quelle-s formation-s syndicale-s s’estiment-ils le plus représentés dans leurs revendications sur les retraites ? Quelles-sont donc précisément les revendications des syndicats ou plus exactement de syndicats qui se rapprocheraient les uns des autres ? C’est à dire ceux qui constitueraient une réelle unité ? Les syndicats nous demandent-ils ce qu’on veut comme amélioration du système de retraite (car oui, je suis d’accord avec vous, le système actuel par répartition est améliorable pour qu’il y ait moins d’inégalités). Les syndicats nous cultivent-ils sur le fonctionnement actuel et nous expliquent-ils comment il pourrait être amélioré, comment il pourrait progresser ? Nous rencontrons-nous entre syndicats et manifestants quelque part ? Ont-ils besoin de nous à part pour nous faire défiler dans les rues et éventuellement voter des reconductions jusqu’au retrait ? Est-ce suffisant ?
Est-ce suffisant que cette position attentiste dans laquelle on veut nous faire aller : attendons 2012....

Mon sentiment est plutôt que durant cette "bataille contre la réforme des retraites" on nous dépossède totalement de nos possibilités d’expressions, de reflexions, de discussions, de constructions, d’organisations d’un projet de société égalitaire (pour ceux que ça interesse, parce qu’il y a également bon nombre de la population qui n’en a strictement rien à faire...).

Répondre à ce message #29753 | Répond au message #29743
Capitulation en rase campagne - Le Rouge - 24 octobre 2010 à 02:05

"Il faut savoir terminer une grève ... après avoir obtenu satisfaction" disait Thorez. Donc on continue parce que nous n’avons rien obtenu !


Capitulation en rase campagne - une instit qui a pris sa retraite a 60ans - 23 octobre 2010 à 21:07

je comprendS votre amertume mais je trouve que l elan collectif qui a souleve une bonne partie des travailleurs de ce pays et ,unefois n est pas coutume, l unite syndicale,c est positif ! j attendais ça depuis que SARKO a ete elu et ça leur a quand meme foutu la trouille : ça rappelait mai 68 ! par contre,chose etonnante, la capitale de la contestation LYCEENNE semble avoir ete LYON,a laquelle il manquait l equivalent d un certain juif -alllemand ...si le PS ne tiens pas ses promesses le peuple de France se reveillera a nouveau !il manquait aussi dans les manifs un slogan que nous scandions EN 68 : A BAS L ETAT POLICIER !!


Résister en rase campagne - Le plumitif arcandier - 23 octobre 2010 à 12:40

Je pense que, même une fois votée par les deux chambres, la réforme des retraites à la sauce réac n’est pas gagnée par Sarkozy. En effet, si les manifestants n’obtiennent pas l’annulation de la réforme-sabotage des retraites, ils ont gagné dans l’opinion : la majorité des français approuvent le mouvement. Il appartiendra aux tenants d’un projet meilleur de continuer à faire connaître les moyens et conditions d’une véritable amélioration du système des retraites. Il faudra encore expliquer ce que les médias ont embrouillé, pour que le PS (s’il gagne en 2012) ne fasse pas la même réforme que celle du projet Woerth, mais peinte en rose.
Le plumitif arcandier.


Résister en rase campagne - B. Javerliat - 23 octobre 2010 à  19:15

« l’Etat ne peut pas tout » a dit Jospin en 2000, lors de l’annonce des licenciements boursiers par Michelin. En 2002, il n’était même pas au second tour.

« nous acceptons parfaitement l’augmentation de la durée de cotisation » dit Aubry en 2010. En 2012, espérons que la guerre Marine Lepen / Bruno Gollnisch aura fait son office. Sinon, comme souvent, l’histoire pourrait bien se répéter...

Répondre à ce message #29735 | Répond au message #29734
Résister en rase campagne - Eulalie - 24 octobre 2010 à  12:05

"Il faudra encore expliquer ce que les médias ont embrouillé, pour que le PS (s’il gagne en 2012) ne fasse pas la même réforme que celle du projet Woerth, mais peinte en rose. "

Vous voulez parler de la retraite par points, comptes optionnels et compagnie, obtenus au dernier vote du Sénat par amendement ? Le Medef en rêve : le PS, l’UMP, la Cfdt le feront. Et probablement d’autres syndicats (la CGT pour les plus "représentatif") . Quelle différence avec la retraite par capitalisation de Guillaume, Nicolas, Olivier Sarkozy ? Est-ce que l’unité syndicale actuelle nous sort dans les rues pour obtenir ça ? Elles sont bien ces manifs, oui, elles sont approuvées par une grande majorité de la population, mais savons- nous quels en sont les objectifs unitaires ? Aucun, certainement, n’est unitaire.

Il n’y a pas que les médias qui ont embrouillé. Il y a une embrouille totale, déjà, à la base.

Répondre à ce message #29741 | Répond au message #29734
Résister en rase campagne - bombix - 24 octobre 2010 à  13:33

Très juste, Eulalie. Vous avez d’ailleurs une confirmation locale de votre analyse. C’est Bensac qui écrit (*)

Il est des jours ou l’on est fier de ses choix. Aujourd’hui, je suis fier d’avoir toujours été Centriste, et d’être revenu aux sources en ces temps difficiles.
Pour illustration, le débat sur les retraites tourne à l’avantage de la position centriste, prépondérante au Sénat.
Ainsi, le ralliement, la nuit dernière, de l’UMP à la proposition centriste de l’organisation, "à compter du premier semestre 2013", d’un débat sur les conditions de la mise en place d’un "régime universel par points ou en comptes notionnels" et sur les moyens de "faciliter le libre choix des assurés" sur les modalités de leur cessation d’activité, change la donne quant au mouvement social en cours.
Une véritable réflexion nationale sur une réforme "systémique" des régimes de retraite français.
La réforme systémique évoquée s’inspire de ce qui existe dans d’autres pays européens, comme la Suède, et rejoint les propositions de syndicats comme la CFDT.
De ce fait, pourquoi poursuivre le blocage du pays puisque les français pourront choisir démocratiquement en 2012 la réponse qu’ils voudront donner à la problématique des retraites en 2013 avant même l’application de la loi en discussion ?

Il faut avoir la mémoire bien courte pour oublier le sarkzyste convaincu et le libéral fanatique qu’a toujours été P. Bensac. Pour se rafraichir la mémoire, lire ses billets des années antérieures. Et il le demeure. On comprend fort bien que stratégiquement (le monsieur a des visées cantonales et même législatives paraît-il), il ait intérêt à prendre ses distances avec un personnage politique rejeté par 70 % de l’électorat. Mais cela ne change rien en termes de convictions et d’idéologie.

C’est dire qu’il ne faut pas confondre le devant de la scène et les coulisses. En coulisse, la CFDT et la branche réformiste de la CGT n’ont changé ni d’analyse, ni de stratégie. Il ne s’agit plus de lutter contre le capital, il s’agit de l’aménager et de le co-gérer. Entre ces gens-là et des gens comme Bensac, un terrain d’entente est possible ; je dirais même qu’il est nécessaire.

Seulement, il ne peuvent pas le dire ouvertement. Je l’avais dit début septembre. A partir du moment où on dit "le système des retraites doit évoluer", on pose un coin dans le système par répartition(**). Cette affaire des retraites est un moment charnière du régime sarkozyste. Un moment où l’opposition droite/gauche a de moins en moins de sens.

Le problème désormais est de lever une force politique capable de s’opposer au rouleau compresseur du capitalisme. On peut être pessimiste. Octobre 2010 aura démontré qu’un mouvement social avec des grèves "qui se voient", a la même efficience que des grèves "qu’on ne voit plus".

(*) On peut reprocher ce qu’on veut à Bensac. On doit lui accorder cependant qu’il est cohérent. Un peu plus cohérent qu’Irène Félix qui s’oppose au TCE en 2005, mais qui défend les 41,5 annuités en 2010 (= la condamnation programmée du système de retraite actuel, comme le démondre le très solitaire et très précis Gérard Filoche). C’est à dire, en gros, les propositions Fillon de 2003. C’est pourquoi l’opinion considère en général les politiciens de droite comme de francs salauds, et ceux de gauche comme des salauds hypocrites. A la suite de quoi on ira pleurnicher sur l’abstention montante, les scores de Le Pen et, en général, sur le "populisme" qui gagne ...

(**) Quels sont les enjeux ? Lire Bernard Friot. "Qu’on l’examine sous l’angle du financement — la cotisation vieillesse — ou sous celui de la dépense — la pension comme salaire à vie —, la retraite est porteuse de changements révolutionnaires. Le terme n’a pas ici le sens métaphorique qu’affectionnent les publicitaires. A l’opposé de l’utopie, qui construit un système symétrique d’un réel lu de façon univoque et négative, le changement révolutionnaire repose sur une perception claire de la subversion déjà à l’œuvre dans une réalité analysée comme une contradiction au travail. Le débat sur les retraites offre l’occasion de travailler à la révolution en popularisant le remplacement de ces deux institutions décisives du capitalisme que sont le marché du travail et le droit de propriété lucrative par le « déjà-là » du salaire à vie et de la cotisation."

Retraites, un trésor impensé. Le Monde diplomatique.

Répondre à ce message #29745 | Répond au message #29741