Le stress comme instrument de contrôle
Le stress est devenu une manière de tenir les salariés à la schlague afin de rentrer dans les clous financiers, d’obtenir une rentabilité pour amortir la baisse des effectifs avec l’argument imparable : c’est ça ou la porte...
Le stress est un redoutable instrument de contrôle social tout comme le chômage permet de réduire les envies salariales, les possibilités d’évolutions personnelles, d’ascension sociale. Le stress annihile toute volonté d’épanouissement dans son boulot et par conséquent dans sa vie vu la place que prend le travail dans l’existence.
Il y a les salariés qui font le dos rond face aux pressions, ceux qui n’en peuvent plus, ceux qui ne veulent que se casser mais sans savoir comment demain sera fait.
Les 35 heures, outre la compression des salaires, ont augmenté la productivité par un surcroît de charge de travail. On fait autant, voire plus, en moins de temps.
L’organisation hiérarchique, où la compétence est inversement proportionnelle à la position dans l’entreprise, aboutit à une pression supplémentaire sur les "subalternes".
Les dispositions en open space permettent d’économiser des mètres carrés mais ont aussi l’avantage d’organiser un auto contrôle des faits et gestes de tous. Le stress, mélangé à une dose de parano, crée les ingrédients pour une pression chargée pour que le salarié en fasse toujours autant sinon mieux que son collègue : pour être bien vu.
Il y a ensuite les différences de statuts entre les CDI et CDD, ces derniers étant corvéables à merci, jeunes, dynamiques tandis que les CDI se protègent, au chaud, derrière leur ancienneté et leur lâcheté par rapport à cette utilisation abusive des nouveaux...
La précarité crée un stress supplémentaire pour tous les jeunes qui découvrent le monde du travail par les plus mauvais aspects.
Il y a aussi le stress lié à la peur de ne plus être à la hauteur des exigences, de l’évolution technique, technologique ou tout simplement de forme physique pour les travaux pénibles ou avec des décalages horaires.
Il y a le stress du vendeur qui doit faire face à la colère du client et à celle de son patron qui demande toujours plus de chiffres.
Il y a le stress lié aux vexations infligées par des chéfaillons qui pensent exister ainsi auprès de leur "ego" et de leurs collègues, au contrôle du minutage pour le télétravail, aux cadences imposées...
Au bout du compte cela aboutit à un emprisonnement salarial, une méthode managériale digne des expérimentations psycho-socio-économico.
Et cela profite à l’industrie pharmaceutique. La France n’est pas le premier consommateur de psychotropes au monde pour rien.
Un palmarès dont on pourrait amplement se passer...