Capitalisme en vert et contre tous

samedi 12 décembre 2009 à 12:34, par B. Javerliat

Devant la green-attitude béate qui submerge tous les partis d’un bout à l’autre de l’échiquier politique, il semble qu’il reste encore quelques politiques, là, chez nous, pour se demander si par hasard, il n’y aurait pas quelques intentions cachées pas très écolo derrière tout ça.

Capitalisme en vert et contre tous

Dans un billet intitulé « Quelques réflexions sur environnement et travail » Irène Félix questionne sur les effets des accords environnementaux sur le monde du travail :

« Et d’abord ce constat qu’il faut absolument refuser : il pourrait être très tentant, et il est incontestablement très possible, que la lutte contre le réchauffement climatique se fasse sans rien changer au système économique et social en place, et soit le prochain moteur de l’aggravation de la concentration financière et capitalistique, de l’augmentation des inégalités, de la marginalisation des régions et des territoires en difficulté, de l’exclusion accrue de salariés peu qualifiés et peu mobiles. Une réponse purement technologique aux défis climatiques et environnementaux irait vraisemblablement en ce sens, sans offrir pour autant de garanties à long terme pour la planète. »

Marée verte, à qui profite le crime ?

C’est bien évidemment la question que doit se poser un esprit un tant soit peu critique. Il ne faut pas chercher longtemps pour trouver : à l’industrie d’actionnaires. Avec des méthodes détestables, (la peur, la culpabilisation, l’infantilisation) leurs publicités repeignent tout en vert. « Changez votre voiture qui marche encore très bien pour une neuve qui pollue un (tout) petit peu moins, et vous sauverez les ours polaires ! Mettez des panneaux solaires sur votre maison, et vous laisserez une planète vivable à vos enfants ! Jetez vos vieilles ampoules pour les remplacer des lampes fluorescentes, vous ferez des économies tout en protégeant l’environnement ! » Bref, faites ce que vous voulez, mais a-che-tez, c’est bon pour la planète !

Et l’emploi, dans tout ça ?

« Malgré les promesses de nouveaux emplois dans les filières concernées, il n’est pas sûr que cela suffise à sauver les emplois en Europe et dans le Cher. Pour une raison simple : dans le même temps, tout est fait pour retirer l’emploi là où il existe encore. »

Ben oui, tous ces produits tous verts, pour nous les vendre, il faut bien les fabriquer ! Et pour garantir une rentabilité à 2 chiffres aux actionnaires, il n’y a pas d’autre solution que de les faire fabriquer dans des pays où les gens sont payés à coup de lance pierre ! De préférence dans des dictatures asiatiques où le simple fait d’évoquer des conditions de travail un peu plus décentes vous envoie en prison. La mondialisation déplace les emplois des pays dits riches vers les pays dits pauvres. Elle a aussi déplacé la pollution des pays dits riches vers les pays dits pauvres. Quand il n’y aura plus d’usines en Europe, il n’y aura plus de pollution. C’est pourtant simple, l’écologie libérale, non ?

Où l’on reparle de protectionnisme.

« Réparer un appareil électroménager ou ressemeler une paire de chaussures, c’est faire travailler des artisans localement plutôt qu’un grand groupe en Chine. Et d’une certaine façon, rénover et isoler des bâtiments plutôt que de les détruire pour reconstruire du bâtiment monté, demain, en usine peut procéder de la même perspective. Ce ne sont pas les mêmes qui bénéficient, selon le cas, de la valeur ajoutée produite. »

Bien qu’un peu timide, cette dernière phrase suggère qu’il faut privilégier et protéger les emplois locaux. Et qui peut les protéger ? Sûrement pas les tenant du libre échange qui ne voient que leur intérêt immédiat, et qui se foutent comme de leur première RolexTM de savoir combien sont payés ceux qui fabriquent. Alors qui ? La puissance publique, pardi : en remettant des taxes à l’importation des produits fabriqués dans des pays à faible coût de main d’œuvre et peu regardants sur les dégâts de la pollution.
« Mais vous nous parlez de protectionnisme là ? C’est pas bien le protectionnisme, ça ralentirait la croissance mondiale et ça pourrait même conduire le monde à de nouvelles guerres ! » vous répondrait le premier européiste venu.
Ben voyons ! Et entre les travailleurs du nord et les travailleurs du sud, c’est pas déjà la guerre ? Pourtant, le protectionnisme européen (mais aussi asiatique ou américain, par exemple) présente bien des avantages : Il permet de lutter contre la sous-rémunération du travail humain due aux délocalisations, et de limiter la détérioration de l’environnement en réduisant la pollution due aux transport des marchandises qui font plusieurs fois le tour de la terre avant d’arriver dans nos magasins. Mais là encore, la pensée unique interdit de parler de protectionnisme.

Irène Félix suggère dans ce billet que l’écologie peut être un “excellent” moyen d’asservir encore plus les hommes au libéralisme financier. Et les faits lui donnent raison : la « Contribution Climat Energie », est-elle autre chose qu’une taxe repeinte en vert, indolore pour les riches mais lourde de conséquences pour les autres ?

D’ailleurs, Serge Lepeltier la trouve très bien, cette taxe. Même que, pour lui, elle est encore pas assez élevée pour « modifier nos comportements ». C’est vrai que lui, il l’a changé, son comportement : de la voiture hybride écolo-bobo japonaise, il est passé à la luxueuse limousine française. Halte aux délocalisations !

commentaires
Capitalisme en vert et contre tous - Cocorico hic ! - 13 décembre 2009 à 03:20

In "La chanson du Dimanche"

Convoqués à Copenhague
Pour Couper Court au CO
Une colonie de comptables
Convolèrent en hélico
Et de colloques en conférences
Convaincu d’un combat écolo
Un vieux coq coiffé comme une offense
Chantait comme un con Cocorico

Confortant leur concurrence
Consortiums et compagnies
Cosignèrent en connivence
Un contrat court et concis
Et de consensus en complaisances
Et de conspirations en complots
Le vieux coq corrompu comme la France
Cosigna d’un gros Cocorico

Conformes à la comédie
Concoctée entre copains
Les complices communi-
Quent et concluent au bien commun
Et de confort en condescendance
De contresens en contradictions
Consignant dans un coin leur conscience
Les vieux coqs nous prennent pour des cons

De leur côté coquillages,
Cochons d’inde et cormorans,
Se conféraient du courage :
« Le corail est encore blanc »
Comment croire au commerce équitable
Sans confetti et sans colorant
Tout en conviant le contribuable
A consommer continuellement ?

Spécial COuCOu à notre COllègue Johnny qui a COntracté une COxalgie à la Con au COurs d’un COcktail, il a été COntraint de COnsulter, ça nous a COmme vous pouvez le COnstater et le COncevoir COntrariés mais on est de tout COeur avec notre Copain (avec qui on le COncède on COnvoîte de COllaborer en tant que COmpositeur, nan ça c’est une COnnerie), et on est COntents car la COntagion s’est COnfinée dans la COlonne, il n’a pas eu de COnvulsions ni de COntaminations du COrtex, il est sous COrtisone, sous sa COuverture, COuché dans un COma COntrôlé. COmisération mon COCO et COurage COw-boy. COrdialement, bonne COntinuation.

Force est de Constater la Consternation de nos Compatriotes face à toutes ces Controverses Conçues Comme autant de Conspirations et de Coups Contractés par la Constitution Contre leur Consentement et leur Concertation


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