Parti Socialiste

Julien Bernichon, militant et toutes ses dents

lundi 12 octobre 2009 à 23:17, par Mister K

Allez savoir pourquoi, quand l’information tombe sur les téléscripteurs du web ce 22 septembre 2009, elle ne nous laisse pas indifférent : Julien Bernichon, un militant socialiste comme il en existerait encore environ 201006 [1] en France annonce qu’il quitte le Parti Socialiste. Les départs au PS doivent se ramasser à la pelle depuis l’automne 2008, date du dernier et calamiteux congrès du PS. Pourquoi s’intéresser à celui-là plus qu’à un autre ? Pourquoi pas ? D’autant que ce départ ressemble à s’y méprendre à un appel au secours.

Mettons tout de suite les choses au point : Julien Bernichon n’est pas forcément représentatif des militants socialistes, ni même des militants socialistes de sa génération. A priori, il ne représente que lui même. Pourtant, notre petit doigt nous dit qu’un grand nombre de militants, et pas seulement socialistes, pourraient se reconnaître dans son parcours qui va de l’enthousiasme au désespoir.

Un parcours militant chaotique

Julien Bernichon, militant et toutes ses dents

Julien Bernichon adhère au parti socialiste en 1996, à l’âge de 16 ans, alors qu’il est encore au Lycée Marguerite de Navarre à Bourges. Quand on l’interroge sur le pourquoi de cette adhésion, il invoque "la génération Mitterrand" : "Pour moi, en 96, la gauche c’était le PS. Il y avait en moi une colère contre l’injustice de la société et cette colère ne devait pas rester silencieuse, il fallait la canaliser". En 1996, Yann Galut et Irène Félix sont des nouvelles têtes dans le Cher. Julien Bernichon participe à la campagne électorale des législatives 1997, campagne victorieuse du jeune Yann Galut alors quasi inconnu dans le Cher, campagne que le militant décrit comme "enthousiasmante". Pourtant, quelques temps après, à l’occasion d’une élection fédérale en 1997, Julien Bernichon pousse un coup de gueule dans une lettre ouverte, lettre qui va déplaire à la section de Bourges du PS. La raison du coup de gueule ? Julien Bernichon avait été inscrit d’office comme soutien d’une motion...alors qu’il en avait choisi une autre. Déjà, il s’écarte de la posture du militant de base et fait alors savoir qu’il n’est pas un pion. On lui demande de s’excuser pour la lettre. Il préfère quitter le PS.

Débute alors une période où il cherche un parti d’adoption. Cela commence par le Mouvement des Citoyens [2] de Jean-Pierre Chevènement. Dans le Cher, il qualifie le MDC comme "groupusculaire et idéologiquement limité". Il côtoie alors René Robert et Jean-François Baboin mais aussi Denis Durand maire de Bengy-sur-Craon avec qui il dit avoir eu une vraie rencontre. Contrairement aux gens de sa génération, il dit avoir une grande idée de son pays ce qui explique peut-être son passage au MDC dont le slogan de l’époque était « Relevons la gauche avec la France », slogan qu’il trouve paradoxal puisque lui aurait plutôt souhaité relever la France avec la gauche... À l’époque, il raconte que dans sa chambre d’internat de “Margot”, il avait un petit drapeau français récupéré à un congrès du MDC. Après le MDC, c’est au PCF que Julien Bernichon fait un court passage en 1999, parti au sein duquel il n’a pas milité. Il ressent pourtant "une véritable humanité des militants, une sincérité que l’on ne retrouve pas ailleurs à gauche, notamment au PS où tout est beaucoup plus calculé, basé sur des stratégies individuelles". Pour lui, "les dirigeants du PCF ne méritent pas leurs militants".

Finalement, en 2000, il retrouve le PS, devient animateur fédéral du MJS entre 2001-2003. Il succède alors à Julien Martin, un autre trublion du PS local, avec qui il dit avoir de "très bons souvenirs militants". Pour lui, "le MJS est le poil à gratter du PS qui essaie de bousculer les aînés. Michel Rocard a rendu le MJS totalement autonome par rapport au PS afin de créer une soupape avec le PS, afin d’éviter aux jeunes la pression des aînés.

21 Avril 2002, Lionel Jospin est éliminé dès le premier tour de la campagne présidentielle. Julien Bernichon est alors animateur fédéral des jeunes socialistes du Cher. "Là, c’est le ciel qui nous tombait sur la tête, c’est la claque. Quand on regarde les images, on sent physiquement la consternation sur les visages des militants. Les cris de désespoir quand Jospin démissionne du PS, c’est terrible". Julien Bernichon reconnaît que "la campagne menée était pourrie. C’est un choc générationnel d’un point de vue militant, c’est marquant. On se dit alors qu’il faut faire quelque chose. Je me souviens avoir été interviewé à l’époque par le Berry Républicain, j’avais eu alors des mots très durs à l’encontre du PS, des mots à la hauteur de l’amour que j’ai pour ce parti". Le Berry Républicain avait titré l’interview « Qu’ils se taisent ou qu’ils partent ». Au final, "cela n’a débouché sur rien. Le PS est devenu un parti, un appareil aveuglé, tourné sur lui-même, une machine à créer des cadres. Les socialistes se sont recroquevillés dans leur coquille vide. A partir de 2002, j’ai commencé à ne plus trop militer" Pourtant, "en 2009, la colère est toujours là".

22 Septembre 2009, Julien Bernichon annonce qu’il quitte le parti socialiste, la raison c’est que "j’ai pris conscience de l’aspect parodique du parti socialiste, notamment dans le Cher avec le vote de la rénovation organisé sous le mandat de Philippe Fournié, lequel a toujours tenu sa section de Vierzon d’une manière démocratique que l’on pourrait qualifier d’un autre âge. Même Galut dans son blog au dernier congrès s’en était ému mais sans aller plus loin puisque lui aussi avait profité des résultats généreux de M. Fournié. C’est justement ce que je ne supporte plus". Pourtant, l’une des résolutions votée par les militants socialistes le 1er octobre 2009 concerne la démocratie interne...problème qui, visiblement, était assez général au PS.

PS, une rénovation impossible ?

C’est malgré tout, quelques jours seulement avant cette consultation des militants socialistes que Julien Bernichon annonce qu’il quitte le PS. Pourtant, cette consultation semblait créer un certain espoir. Au final, les militants socialistes ont validé entre autres les primaires ouvertes à l’ensemble des formations de gauche, le non cumul des mandats, la parité, les diversités et le renouvellement générationnel. Que des choses qui devraient satisfaire la plupart des militants socialistes. Pour Julien Bernichon, il s’agit là "de la revanche des quadras. Ils appellent à la rénovation mais la rénovation, c’est leur place. Et puis franchement, je préfère entendre Fabius que Montebourg ou Moscovici". Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas convaincu. Pour lui, "le 21 Avril 2002 a fait prendre conscience que le PS était devenu figé. Le parti socialiste a une incapacité intrinsèque à se renouveler, on ne peut plus rien faire. Les hommes d’hier sont ceux d’aujourd’hui. Les militants non plus ne se renouvellent pas. Aucun jeune n’a envie d’adhérer au PS pour soutenir Martine Aubry dans son combat, c’est impossible". Quand on l’interroge sur son positionnement au sein du PS, il a cette phrase malicieuse : "J’ai fait le choix de Ségolène Royal au congrès du PS en 2008, plus pour la forme que pour le fond. Parce qu’en définitive, le discours du rien permettait finalement tout". On ne peut étouffer un éclat de rire.

Le constat au niveau local

Au niveau local, le constat de Julien Bernichon est tout aussi radical que le constat national. On sent qu’il en veut tout particulièrement à Yann Galut avec qui il a débuté sa vie de militant."Parfois Yann, j’ai envie de le claquer, c’est presque physique. En voilà un autre que le 21 Avril 2002 a fait exploser plein en vol. Suite à cela, il a décidé d’abandonner le terrain national au profit du local. Pour moi, s’occuper du local sans le national, ça ne veut rien dire. C’est un choix par défaut, pas une preuve d’amour pour sa ville.". Quand on interroge le jeune militant sur la situation du PS dans le Cher, il enchaîne : "Yann Galut et Irène Félix, cela fait 15 ans qu’ils sont là. Jean-Pierre Saulnier et Alain Rafesthain aussi. Le PS est cadenassé dans la possibilité d’accéder aux responsabilités.". Pour lui "au PS, on est incapable de garder les gens, il n’y a aucun accompagnement des jeunes militants". Il se souvient s’être entendu dire pas Irène Félix que le "PS, c’est une auberge espagnole. Tu y trouves ce que tu apportes". Pourtant, Julien Bernichon souligne que le Parti Socialiste "c’est un réseau humain et un savoir militant à transmettre. Mais au final, on en est réduit à tenter de se faire une place en jouant des coudes. Irène Félix et Yann Galut devraient dépasser leur personne, aimer leur parti et former des jeunes. Au PS, il y a un gâchis des talents". On sent que Julien Bernichon ne fait pas vraiment de choix entre les deux leaders locaux : "Irène Félix est plus froide mais au moins, elle ne nous raconte pas de blagues". Quand, le 25 Septembre, on lui demande si depuis l’annonce de son départ du PS il a reçu des appels de responsables locaux du Cher afin d’essayer de le retenir, il répond par la négative "peut-être qu’ils ne lisent pas l’Agitateur.".

Se libérer ailleurs ?

Julien Bernichon affirme n’avoir aucun attachement particulier à aucun appareil. On sent que s’il quitte le PS, ce n’est pas pour lui la fin de toute activité militante :"il faut bousculer les appareils, il faut y aller, il faut se libérer. A Bourges, il faut s’appuyer sur le Parti Communiste, créer un grand Front de Gauche local. La mairie est gagnable en 2014. Dans cette ville, il y a une torpeur générale, le premier qui a de l’ambition peut aller loin. C’est pour cela que l’on a des aberrations comme Philippe Bensac". L’idée du Front de Gauche est pour lui une idée marquante. "les comités anti-libéraux, les militants de gauche en sont revenus. C’est bien de gueuler, mais il faut qu’on se mouille. La base doit se rebiffer, il faut une insurrection militante. Dans le Cher, chaque parti politique est tenu par une dizaine de personnes. Au PS, si on n’est pas le fils spirituel de quelqu’un, ça ne marche pas. Mais un militant n’a pas à être le fils spirituel de quiconque". Quand on analyse le panorama politique, Julien Bernichon n’est pas tendre : "L’extrême-gauche ne supporte pas que l’autre soit différent d’eux-mêmes tellement ils sont égalitaristes. L’anti-racisme, le gauchisme sont des choses que je déteste. Chez eux, tout est hiérarchisé, il y a une sorte de colère froide, tout est mathématique. Ils ont déjà la solution à tous les problèmes. En ce qui concerne le MoDem, le parcours de Bayrou est courageux. Il essaie d’échapper aux appareils pour créer quelque chose. Les jeunes militants du MoDem ont une grande liberté, leur formation s’est libérée de quelque chose. Le MoDem est séduisant sous cet aspect, mais cela s’arrête là. Après, politiquement, on n’est pas d’accord"

Ambition

Julien Bernichon est coincé entre déception et ambition militante. Mais au final, on sent que c’est tout de même l’ambition qui domine. Pour lui "l’ambition peut tirer les autres vers le haut. Des ambitions personnelles, il en faut. Ce qui est dramatique, c’est quand il n’y a plus que ça". A 28 ans dont 12 ans de militantisme, il ne semble pas prêt à renoncer. Où va t-il militer, il ne sait peut-être pas exactement. A gauche, certainement, au Front de Gauche peut-être. Ou peut-être même au PS, qui sait ? Quand on lui demande de nous envoyer une photo de sa carte du PS, il nous répond qu’il n’a que celle de 2008, il n’a pas payé sa cotisation 2009. Il évoque les 46000 radiations du PS. "Vous pensez qu’ils m’ont radié ?". Nous, on ne sait pas trop.

Au détour d’un questionnement sur le renouvellement des générations en politique, Julien Bernichon lâche : "En 2014, la logique voudrait que Nicolas Hénault soit opposé à Julien Bernichon pour la conquête de la mairie de Bourges. Il faut l’écrire ça !". C’est écrit.

[1Estimation grossière basée sur les chiffres de la consultation interne du Parti Socialiste du 1er Octobre 2009

[2Devenu aujourd’hui, Mouvement Républicain et Citoyen

commentaires
Julien Bernichon, militant et toutes ses dents - Le gars qui passe en sifflant - 20 décembre 2009 à 21:10

Ce gars là a aussi un espece de webzine qui parle entre autre du Cher, ça s’appelle les meurtrière


#25039
POUR UN FRONT DE GAUCHE - julien BERNICHON n’a plus peur de vous - 7 novembre 2009 à 00:45

Quant au front de gauche dont je suis partisan, pourtant, je ne suis adhérent à aucun parti maintenant, bien que certain me pense, ici ou là, opportuniste ou comme le juge Bombix, étrange dans mon parcours ou formuler autrement, étranger au parcours habituel, j’ai quelques mots à dire.
J’espère que le NPA ne va pas nous faire payer cher son ambivalence avec la démocratie, c’est-à-dire son rapport ambigu avec élections. J’espère. J’espère aussi qu’il ne mette pas en préalable le refus de s’allier avec les socialistes ; ce serait une excuse bidon pour ne jamais nous retrouver.
J’appelle pour les années qui viennent au rassemblement de la gauche, en un FRONT DE GAUCHE. Ce que je crois, c’est simple. Nous arrivons à une période où le parti socialiste, traditionnellement et de manière générationelle, est dans l’incapacité de se remettre en cause, quelque soit l’événement politique, dans ses méthodes démocratiques, dans son idéologie.
Le parti communiste survit, nous le savons tous. Inutile de se raconter des histoires, s’il soutient le PS dès le premier tour pour les régionales, il fera l’ultime démonstration que ses élus maintiennent coûte que coûte un parti qui disparaît et laisse place à un appareil politique, comme celui des socialistes, autiste, fermé aux citoyens, sclérosés ; bref, un PCF illusoire qu’un PS moribond se doit de maintenir en vie pour se donner l’illusion d’une survie possible de la gauche. Si j’ai la chance de ne pas avoir encore trente ans et de voir naître, à gauche, toute la grande gauche, sincère, lucide, radicale, coléreuse, une union, UNE UNION mes amis, mes camarades, pour gagner, pour changer, une fois, au moins une fois, radicalement les choses, de rêver à nouveau... PUTAIN encore rêver une nouvelle société ... alors je le dis j’aurais une chance que ma vie soit plus jolie ...

Mon père a refusé de voter Mitterrand en 1981 car il estimait ne pas être assez de gauche. Mon père était communiste. En 1997, à la victoire de Jospin, mon père, de joie, laissa éclater un coup de point sur la table, heureux. Vous noterez le parcours, et déjà le travail de la désespérance. Aujourd’hui, en 2009, je sens l’espoir qu’il y ait, enfin, une chance pour que la gauche se rassemble, et non pas celle de social-démocratie, mais celle de l’aile gauche, de l’autre gauche, de la gauche radicale, en un mot la gauche que tous les militants aiment tant, celle sans concessions, exigeante, pas celle du cynisme à la Filoche ou Hamon, pas celle de la désespérée à la Buffet, mais celle d’un autre chemin dont encore on ne sait rien de son parcours, mais d’un début... d’un nouveau chemin... d’une nouvelle façon de voir d’envisager le monde, son rapport à la terre, aux humains, aux siens ... bref quelque chose qui a avoir sans doute à l’amour-un peu, j’imagine.....
fRANCHEMENT JE FAIS APPEL À TOUS LES MILITANTS DE TOUS LES PARTIS DE GAUCHE, DE RÉFLÉCHIR, DE S’ENGAGER DANS L’UNION DE LA GAUCHE, DANS LE FRONT DE GAUCHE ... pour notre avenir. On n’en a marre de ne plus voir aucun parti fort pour protéger les plus fragiles, les plus faibles,

BRISER LES RANGS,
COMMUNISTES BRISER LES RANGS, VENEZ FRONT DE GAUCHE
SOCIALISTE , AILE GAUCHE NOUVEAU MONDE, çA NE VOUS TENTE PAS !!!!!! ?
UNISSONS-NOUS, une dernière fois,


#24432
POUR UN FRONT DE GAUCHE - bombix - 7 novembre 2009 à  12:01

J’espère. J’espère aussi qu’il ne mette pas en préalable le refus de s’allier avec les socialistes ; ce serait une excuse bidon pour ne jamais nous retrouver.

Je ne veux pas répondre pour le NPA, je ne suis pas au NPA. Mais il me semble en effet que ce refus d’alliance n’est pas vraiment négociable de leur côté. Il est constitutif d’une identité. Je m’explique. Le dilemme est le suivant : soit on considère qu’il y a deux gauches, soit on considère qu’il n’y en a qu’une. A supposer qu’il n’y ait qu’une gauche, il est possible alors de faire front commun en gros depuis le PS jusqu’au PC en passant par les verts. Et pourquoi pas en incluant certaines composantes de l’extrême gauche, comme il s’est vu dans certaines élections locales, par exemple à Bourges avec l’intégration de Lutte Ouvrière dans la Gauche Unie. Soit on considère qu’il y a deux gauches, et alors il y a deux combats à mener : un combat contre la droite, et un combat contre l’autre gauche. Or, remporter le combat contre la droite suppose qu’on ait déjà gagné le premier combat, celui contre l’autre gauche. Mélenchon jusqu’à une époque récente était dans l’entre-deux. Mais il est clair que maintenant, il a intégré l’idée des deux gauches, et la stratégie qui va avec. Le pari qui est fait, c’est que le PS ira au MoDem, comme le fleuve à la mer. Ce faisant, il explosera et alors il sera possible de recomposer avec ce qui reste du PS (côté social) une force unitaire, aligné sur des positions radicales, et non sur des positions social-libérales. Et avec cette force unitaire, de la gauche du PS au NPA, on pourra battre Sarkozy. On voit donc les conditions de l’union : d’une part la séparation, d’autre part la reconstitution d’une franche bipolarité au sein de laquelle les forces de gauche ont abandonné les sirènes libérales. Ce qui reste du PS historique allié au MoDem constituant un centre mou qui ne compte plus, ou plus guère. Dans tous les cas, la logique veut que la question de l’alliance avec le PS ne se pose même pas. On ne s’allie pas avec celui dont on souhaite la mort.

Quelles critiques faire à ses positions ? D’abord c’est peut-être juger un peu vite que le PS est moribond. Qu’il soit dans une certaine position de blocage n’implique pas qu’il va en mourir tout de suite. C’est juger aussi que le bayroutropisme est inéluctable. Enfin, c’est accepter une nouvelle victoire probable de Sarkozy en 2012, car on imagine pas que les choses se résorbent si vite, d’ici la prochaine campagne présidentielle.
Et puis il faut ajouter le paramètre PCF. A l’évidence, le PCF s’inscrit dans la logique des deux gauches, d’un point de vue idéologique. Mais d’un point de vue stratégique, pour sauver ses élus, il doit accepter la logique de la gauche unique, sinon unifiée. Le PCF a gros à perdre dans la bataille fratricide avec le PS ; le NPA et le PG tout à gagner. L’initiative de Robert Hue, que quelqu’un ici jugeait risible, est assez pathétique. Il tente de résoudre la tension par un abandon définitif de la logique des deux gauches. Mais l’abandon de cette logique, c’est aussi l’abandon du PCF, dans son identité profonde. Ce parti ne peut donc plus survivre sans une certaine forme d’hypocrisie. Comme toujours dans des cas pareils, les choses se décanteront avec le temps. Pour l’instant, les résultats du FG aux européennes ne vont pas dans le sens d’un renforcement de la gauche de la gauche. La barre à franchir, c’est le dépassement, aux élections, du PS. Or ce qu’on a vu, c’est que les voix du PS ne se sont pas reportés sur le FG, mais sur Europe écologie. On voit pourquoi les écologistes sont choyés par Sarkozy ... Mélenchon a bien essayé d’intégrer cette composante en posant dans son programme un certain nombre de revendications écologistes. C’est un progrès par rapport à l’essai chevènementiste. Mais l’effort est sans doute encore insuffisant.

#24433 | Répond au message #24432
POUR UN FRONT DE GAUCHE - 7 novembre 2009 à  13:18

« Si les dégoûtés s’en vont, ne resteront plus que les dégoûtants. »

Pierre Mauroy

#24434 | Répond au message #24433
POUR UN FRONT DE GAUCHE - bombix - 7 novembre 2009 à  15:17

Et puis il faut ajouter le paramètre PCF. A l’évidence, le PCF s’inscrit dans la logique des deux gauches, d’un point de vue idéologique. Mais d’un point de vue stratégique, pour sauver ses élus, il doit accepter la logique de la gauche unique, sinon unifiée.

Aujourd’hui, dans Le Figaro : Mélenchon rêve de fédérer du PC aux amis de Besancenot

MG Buffet : « il s’agit pour nous de participer aux exécutifs régionaux » car « ce n’est pas la politique de la chaise vide qui fait avancer les choses, mais, au contraire, de pousser jusqu’au bout des propositions et de se battre pour qu’elles soient mises en œuvre »

donc Buffet ne rompra pas avec le PS, donc Mélenchon devra choisir entre l’alliance avec le NPA ou l’alliance avec le PC. Dans le premier cas, il gagne en cohérence, mais il risque de se retrouver marginalisé et surtout sans mandat. Dans le second, on ne voit pas bien la logique de son parcours, mais il peut être élu en Ile de France. To be or not to be ...

#24436 | Répond au message #24433
pour un front de gauche (mouais..) - vid’da - 7 novembre 2009 à  14:09

je ne comprends pas comment on peut appeler à une union de la gauche en ne mettant en avant que ce qui vous déplait chez les voisins du NPA du PS ou du PC......
cela fait gueguerre de boutique ,vous avez tous le même trucs à vendre à quelques nuances prés...vous passez plus de temps à critiquer les autres partis de gauche qu’à attaquer Sarkosy ou à proposer autre chose....
c’est quand même assez fatiguant.

je pense que beaucoup de gens s’en tamponnent de savoir qui sera contre Sarko à la prochaine élection..
et qu’ils voteront pour le mieux placer...
(pour ceux qui pensent que le vote change réellement quelquechose ,mais c’est un autre débat ,là je reste dans le votre)
d’ici là j’ai l’impression que justement chacun à gauche essaye d’être celui qui sera face à sarkosy ou d’être du parti qui désignera celui là....

en vous lisant M.Bernichon je vois bien un homme qui a l’air catastrophé de la situation poilitique dans laquelle on se trouve...
mais j’ai l’impression que votre démarche est avant tout de faire quelquechose pour faire quelquechose même si cela n’avance à rien , si ce n’est soulager votre conscience et pouvoir dire "moi au moins j’ai geuler"...
mais j’ai bien peur qu’à tous geuler vous finissiez juste par casser les oreilles des gens !

si je dois me placer dans une loqique électoraliste (je n’ai pas de position définitive à ce sujet) aux élections présidentielles je voterai au premier tour pour celui qui a le plus de chance pour moi de dépasser le FN et au second contre celui qui sera contre Sarko (hormis biensur si c’est le fn)....
que cela soit un rose un vert un rouge ou même un bleu..
des fois j’en viens à me dire que Juppé serait le mieux placer pour nous débarasser de Sarkosy..

voyez où peut emmener la désespérance...
elle pourra m’emmener à mettre dans une urne le nom de quelqu’un que je n’aime pas pour contrer un que j’aime encore moins
mais sûrement pas à m’investir dans des orgas qui pour moi suintent la mauvaise foi et l’arrivisme...

définitivement il n’y a pas que la musique qui se vent comme du savon à barbe

#24435 | Répond au message #24432
Compassion - 16 octobre 2009 à 15:31

Le parcours de Julien Bernichon n’a malheureusement rien d’extraordinaire. Il ressemble au parcours de nombreux militants qui ne savent plus comment militer à gauche au PS. Son constat sur le parti socialiste, de plus en plus refermer sur lui-même rappelle les constats dressés par Sawicki et Lefebvre dans leur ouvrage "la société des socialistes". Ce parti qui a donné tant d’espoir aux français en 1996, puis qui les a déçus n’est plus qu’une sociale démocratie d’élus, où les militants désintéressés sont embarqués dans un mouvement de vas-et-viens. Ils oscillent entre espoir et désenchantement lorsqu’ils se rendent compte du cloisonnement de l’appareil et des luttes de pouvoir internes (aussi bien sur le plan nationale que locale).
La place laissée aux jeunes et aux classes populaires est inexistante. Les dinosaures ne sont même plus à la recherche d’une ligne politique mais d’un leadership. Comme si cela allait régler leurs problèmes et notamment pallier le fait que les classes populaires n’ont plus confiance en eux...
Ne vous faites pas de soucis Monsieur Bernchon, aprés le recul aux prochaines régionales l’auberge espagnole pourrait imploser. Celà marquera peut-être la fin de la sclérose de la gauche, avec enfin une ligne claire entre la sociale démocratie du modem et du PS d’une part, et d’autre part une gauche de gauche.
Bien à vous
Aurélien Boucher


#24115
je n’ai pas besoin de Compassion, je suis libre - julien BERNICHON - 17 octobre 2009 à  11:23

et bien cette gauche dont vous parlez, sachez que j’en fait parti ! et sans doute nous nous rassemblerons.

#24123 | Répond au message #24115
serait ce un scoop ? - vid’da - 17 octobre 2009 à  12:01

ai je bien compris ?..un ancien du PS ,interessé par le Front de Gauche et pret à se rassembler avec le NPA ?....vous en avez parlé à A Gauche Bourges et à LO ? et les Verts ?.... ’tain , c’est la révolution sur bourges... on n’a pas finit de se marrer ....

#24124 | Répond au message #24123
serait ce un scoop ? - bombix - 17 octobre 2009 à  13:25

Faudrait encore que le NPA veuille se rassembler avec le Front de gauche. Un jour non (élections européennes) un jour oui (élections régionales) ... selon ses petits calculs électoralistes. Donc le problème de la gauche en France, ce n’est pas le problème des militants, et on peut reprendre la formule de JB (les partis de gauche, et pas seulement les communistes, ont les militants qu’ils ne méritent pas), mais le problèmes des organisations, syndicats compris. Ce serait ça la vraie révolution, que les gens comprennent ça. Pour l’instant cependant, le mélenchontropisme dont est affecté JB ne débouche que sur l’isolement, ou sur le ralliement à la logique d’appareils, donc bientôt sur le stalinotropisme. Faut voir ce qu’on trouve au sein de Die Linke, qui est quand même le modèle du Parti de gauche. Ce qui est véritablement tomber de Charybde en Scylla. En résumé : Restez au PS, vous le regretterez. Quittez le PS, vous le regretterez. Restez ou partez, vous le regretterez également. D’où cet étrange mouvement de yoyo dans le parcours de JB. Je trouve en revanche que l’analyse et la position d’un G. Filoche plutôt cohérente. Mais elle suppose un optimisme dans la résignation dont peu de gens sont capables. Cela s’appelle avoir la foi, et ça ne se commande pas.

#24125 | Répond au message #24124
un peu moins drole - vid’da - 17 octobre 2009 à  13:51

je ne suis pas d’accord avec cette formule que vous reprenez de JB.... pour moi les militants ont les responsablent qu’ils méritent.... sur la suite,je ne sais pas et prendrais le temps plus tard de voir ce que Filoche a à apporter là-dessus ..

#24126 | Répond au message #24125
vraiment pas drole - vid’da - 17 octobre 2009 à  17:57

oui bon j’ai été voir...y a qu’a dire j’ai pas la foi...du moins pas en ca...cela me fatigue tout ces gens qui rentrent dans un parti pour le changer de l’intérieur créer un courant qui reste ou s’en vont ou menace etc....arrivé un moment c’est parler pour parler ,militer par besoin de militer....je pense que c’est ce qui détourne beaucoup de gens de la politique...oui je pense que les militants sont sûrement ce qui éloigne le plus les gens de la politique !! ( enfin juste après eux-mêmes, oui les gens qui d’eux mêmes se détournent de ce qui les concerne pour laisser des guignols s’occuper de leurs affaires à leurs places et ensuite râler qu’ils le font mal) ...je me place ici crée un contact avec celui la,dans le but de ci de ça,enfin surtout celui d’être là et de faire entendre ma voix....d’ailleurs Siné Hebdo c’est vraiment la foire à tout et n’importe quoi ce journal, il n’a aucune ligne éditoriale si ce n’est de faire partie d’une sorte de jet set politicomédiatique pour y être rédacteur...vraiment j’accroche pas

#24127 | Répond au message #24125
serait ce un scoop ? - julien BERNICHON, le dépareillé... - 17 octobre 2009 à  20:45

« …C’est ainsi que le plus souvent,
Quand on pense sortir d’une mauvaise affaire,
On s’enfonce encor plus avant … »

Bombix, je ne passe pas d’un désespoir à un autre désespoir, au fond je me contrefous des appareils politiques et aucun à mes yeux ne vaille plus qu’un autre à gauche. Rassurez-vous, je ne mourrais pas pour mon parti puisque mon parti est toujours celui que j’apprête à quitter ! la politique, c’est le monde le plus fascinant qui existe et pourtant occupé par les personnes les moins intéressantes qui soient. C’est un paradoxe.

#24128 | Répond au message #24125
Julien Bernichon, militant et toutes ses dents - chris - 13 octobre 2009 à 13:41

je connais un peu julien, du moins je l’ai rencontrée à plusieurs reprises dans le militantisme. ce qui m’a le plus marqué chez cette génération c’est leur indépendance d’esprit, leur culture surtout leur pensée déjà construite et affirmée. son parcours me fait prendre conscience que la gauche s’est tout entière stoppée dans de vieux schémas, des archaïsme politiques que tout naturellement les jeunes de cette trempe-là ne peuvent en rien s’y fixer sans clash permanent. en tout cas, il est bon de continuer à ne pas perdre espoir.


#24096
Julien Bernichon ou l’ambition du pouvoir ! - Don Diego De La Vega - 13 octobre 2009 à 09:46

on voit bien que ce gars il est carriériste à fond et que le fait de critiquer le PS va l’aider à se faire connaître ! Il a tourner dans tous les partis, ça montre bien qu’il n’a pas d’idéaux et qu’il veut juste une place importante.
Mais pour avoir une place importante ça se mérite et surtout il faut en avoir les compétences.


#24094
Julien Bernichon, militant et toutes ses dents - E.T - 13 octobre 2009 à 08:33

une info .. sur le fonctionnement : dans le Cher mes chéques de cotisations 2009 viennent seulement d’être encaissés ... et je suis adhérente depuis prés de 30 ans ...et je comprends trés bien Julien


#24093