Si la campagne électorale et les premiers mots du nouveau président des États-Unis d’Amérique ont été marquants, c’est bien par leur ambition au sens noble du terme. L’ambition de Barack Obama est véritablement celle de faire de la politique, de transformer profondément son pays, de transformer les esprits, d’amener son pays et ses habitants vers quelque chose de meilleur. Il a fait naitre un tel espoir au États-Unis et dans le monde qu’il est quasi condamné à décevoir.
En France, on ne peut regarder ces évènements qu’avec modestie. Notre Obama à nous se nomme Sarkozy et fait bien pâle figure à coté. Le Président de la République française n’a pas proposé aux français un programme ambitieux, ni même une vision de l’avenir du pays. A part son slogan de campagne électorale ambitieux [1], d’ailleurs très décalé par rapport à son programme politique, il n’y avait que des propositions de médiocre gestionnaire à courte vue. Après près de deux années de gesticulation médiatique, Sarkozy arrivé au summum de son ambition personnelle, nous laisse deux lois ou mesures emblématiques : le paquet fiscal et le sauvetage des banques à coups de milliards d’euros. Entre les deux, des lois pour réformer l’état ; comprendre faire des économies partout où c’est possible, même si pour cela, on casse le service public, l’hôpital, l’éducation...bref, le peu qu’il nous reste encore. Cette ambition de petit gestionnaire atteint le sommet de l’immonde quand il faut faire également du chiffre pour expulser des sans-papiers. Voilà notre ambition à nous, celle que nous a proposé Sarkozy. A vomir.
Alors, quand un certain nombre de français, plus d’un million selon les chiffres du régime Sarkozyste, descendent dans la rue pour dire leur mécontentement de cette politique à courte vue, on se remet à reprendre espoir. Sauf que l’on cherche désespérément l’homme ou la femme politique qui pourrait porter cet espoir.
A Bourges aussi on est descendu dans rue. A Bourges aussi, comme ailleurs, on en a plein le cul. A l’échelle de la ville, on cherche également désespérément un homme ou une femme politique capable de porter des ambitions qui soient autres que personnelles. Car pour ce qui est des ambitions personnelles, on a ce qu’il faut, Serge Lepeltier. Après un poste de député, un poste de maire, un poste de sénateur, le voilà qu’il veut devenir Président de la Région Centre. Pourquoi faire ? On ne sait pas bien. Selon toute probabilité, ses "amis" de l’UMP [2] vont le faire échouer, au grand dam de quelques ambitieux à la mairie de Bourges qui auraient bien repris l’intérim. Alors il se présentera sûrement pour un autre mandat de consolation...on parle ici et là du Conseil Général. Donc de l’ambition pour lui, Serge Lepeltier n’en manque pas. Pour sa ville, c’est autre chose. Depuis 1995, il a très bien joué son rôle de médiocre gestionnaire à courte vue. Son ambition en 2009 ? Réussir à faire construire un centre commercial et un parking souterrain en plein centre-ville. A se pisser dessus. Là où c’est beaucoup moins drôle, c’est quand ses capacités de petit gestionnaire le conduisent à fermer une école contribuant ainsi à la casse du service public et de l’éducation. En voilà un symbole d’une grande ambition pour la ville de Bourges.
Au final, à Bourges comme ailleurs, nous avons peu de chances de trouver un homme ou une femme capable de porter des ambitions communes. Obama aux États-Unis décevra car les hommes providentiels n’existent pas. L’ambition de tous les peuples du monde devrait être de reprendre leur destin en main dans les quartiers, les villages, les villes et d’inventer un système politique qui le permette. La démocratie portée par quelques-uns est peut-être le moins mauvais des systèmes. Ce n’est certainement pas le meilleur. Réinventer notre système politique, économique et social, en voilà une véritable ambition. Qui a dit une véritable révolution ?