Premier Conseil Municipal mensuel en selle
Eh bien, ça change de cadence : début à 18 heures et une heure et demie plus tard, c’était fini. Mais bizarrement, rien, rien au début du conseil municipal sur cette nouvelle formule mensuelle : on déclare la séance ouverte et hop, on s’y met. Et rien, rien à la fin non plus, aucune remarque : on déclare l’affaire terminée et on signale que y’a des sandwiches disponibles. L’animateur principal manque un peu d’âme.
Le conseil municipal devenu mensuel, ça s’y connaît dans le nombre de points à traiter : en décembre 2008, y’avait 97 points dans l’ordre du jour, et là on avait juste 35 points. Le livret détaillant ces points à traiter a bien maigri, passant de 160 pages à une quarantaine de pages. Hélas, la numérotation des points n’est toujours pas reprise dans l’intérieur du livret et ça rend fastidieuse la recherche d’un point particulier (monsieur le maire devrait faire un appel d’offres à une officine privée – il adore ça – pour sous-traiter cette tâche ardue de numérotation, puisque ses services n’ont pas cette idée).
Ouf, on a évité les soporifiques déclarations liminaires majorité-opposition, on passe directo à l’ordre du jour (avec environ 25 personnes dans l’assistance – dont un agent des R.G... pour repérer quoi ? des membres corréziens d’une Cellule invisible ?).
Dès le début du conseil on était dans le bain, avec le point 2 : "Communauté d´Agglomération de Bourges. Extension des compétences optionnelles de la Communauté d´Agglomération de Bourges relevant de la compétence "protection et mise en valeur de l´environnement et du cadre de vie". Approbation du Conseil Municipal". Ça veut dire que la ville de Bourges transfère la collecte des ordures ménagères à la Communauté d´Agglomération.
Le nez de monsieur le maire s’allongerait-il ?
Irène Félix se lance sur le point 2. Je n’ai pas compris grand chose, voire même rien du tout aux méandres de l’intervention d’Irène. Et je ne devais pas être le seul à me demander de quoi elle causait et où elle voulait en venir. Enfin, on est arrivé à piger ce dont parlait Irène Félix : ce transfert, ne va-t-il vraisemblablement augmenter les taxes ? alors que notre maire avait juré ses grands dieux que la fiscalité n’augmenterait pas durant son mandat. La question d’Irène Félix vas nous montrer un maire ayant autant de toupet qu’un arracheur de dents. [Irène Félix commente l’intervention qu’elle a faite sur son blog].
Car il en faut plus que ça pour désarçonner notre maire. Certes, il avait promis, mais là, c’est pas lui qui va prendre la décision d’augmenter les taxes, c’est l’agglo. Blanc comme neige, le bonhomme. Lui, sa promesse, il la tiendra... mais si l’agglo décide d’augmenter, ça, ce ne sera donc pas lui... Et il y aura augmentation vraisemblable, il le dit : de gros investissements sont nécessaires. Tanton va le répéter : de toute façon, des investissements doivent être faits, que ce soit la ville de Bourges seule ou l’agglo. L’un des deux (je ne sais plus lequel) dira que d’ailleurs, l’augmentation de la taxe ordures ménagères sera moindre si ça passe par l’agglo plutôt que par la ville seule.
Ainsi, c’est beautifully simple : puisque c’est un "gros" investissement, la majorité municipale savait tout ça avant les dernières élections municipales – ou alors ce sont vraiment des nuls ?! On ne peut pas négliger cette dernière option, mais alors, des gestionnaires comme ça, faut demander leur démission. Ainsi, voici donc notre maire pris en flagrant délit de mensonge électoral... Et comme ça ne suffit pas, monsieur le maire joue avec les mots : il tiendra sa promesse, il n’augmentera pas les taxes.. mais il dit que « avec le transfert à l’agglo Bourges Plus on ne peut pas promettre qu’il n’y aura pas d’augmentation »... C’est nous prendre pour des demeurés, d’oser argumenter ainsi.
Yannick The Ripper
Yannick Bedin fera une excellente intervention. Il choisit un seul angle d’attaque pour traiter le point 2 : les conditions de travail des rippeurs [un "rippeur" (ou "ripeur") c’est la personne, au cul du camion, qui ramasse les poubelles pour les enfourner dans la benne] : il ne faut pas oublier « les exigences sociales », le travail de rippeur n’est pas sans risque lorsqu’il se trouve seul derrière la camion-benne. A Saint Germain du Puy, ils ont exigé (et obtenu) qu’il y ait 2 rippeurs par camion. Yannick ironisera sur les grandes préoccupations de monsieur la maire : « Le développement durable, c’est bien mais il ne faut pas oublier le développement social. »
Ça titille alors la fibre sociale et humaine du maire – sa réponse, elle est bien, elle est bonne : « on ne peut pas s’ingérer dans le gestion de l’entreprise », « On ne peut pas poser de conditions ». Puis, deux rippeurs, ça entraînerait des coûts supplémentaires répercutés dans la taxe. C’est une délégation de services publics donc « il y a obligation de résultats, pas de moyens. »...
Pas d’obligation de moyens ? Yannick Bedin revient à la charge : « Mais il y a bien un appel d’offres ? Pourquoi ne pas exiger la présence de 2 rippeurs dans le cahier des charges ? » Avec une telle logique sur les coûts, « on n’a qu’à faire ramasser les poubelles par des enfants, comme en Egypte. »
Tanton, le bras droit de Serge Lepeltier a du sentir que fallait rectifier un peu le tir : il en rajoute sur l’augmentation des coûts, donc de la taxe, mais.. il promet, bien sûr :« Je serai attentif aux conditions de travail. » Nous voici rassuré. Allez, hop, point suivant. Yannick Bedin tient à rajouter que ce sont de grands groupes qui gèrent les collectes ordures ménagères, « il n’y a qu’à prendre sur le profits des groupes. » [on peut retrouver le résumé de l’intervention de Yannick Bedin sur son blog].
Pour les ignares : Alain Tanton, c’est le premier maire adjoint de Bourges, celui qu’est assis à la droite du maire, cravate rouge, coupe cheveux un peu genre premier-fayot-de-la-classe. Mais Tanton, lui, c’est le Modem. Et le Modem, c’est quoi ? c’est un groupuscule qui a malgré tout les moyens de s’offrir un local vide rue d’Auron. Facile à reconnaître : une vitrine en angle de rue, on n’y jamais vu un chat, rien, jamais, mais y’a poster de François Bayrou et de monsieur Tanton.
Colette Cordat (Lutte Ouvrière) Versus Bensac (Lutte droitière)
On se fait plaisir ? alors, le point 8... "Comité de Défense de la ligne SNCF Vierzon - Saincaize. Adhésion de la Ville. Désignation d´un délégué du Conseil Municipal"
C’est un comité crée « afin de mener des actions en faveur du renforcement de la voie ferrée Vierzon-Bourges-Saincaize ». La municipalité propose que ce soit Philippe Bensac qui représente Bourges dans ce comité.
Colette Cordat y va franco : « Je voterai contre la nomination de monsieur Bensac. Il est étrange que pour défendre la ligne SNCF, on choisisse un représentant de la droite [quelques rires dans la majorité], car c’est la politique de la droite qui est responsable de la dégradation de la situation à la SNCF. » Alors l’incroyable se produisit : monsieur Bensac s’animât et a tenu à répondre : « Mon premier qualificatif est celui de "Berruyer". Et j’ai donc agit pour que le comité de défense s’appelât... » OK... comme la ligne passe par Bourges, ça va s’appeler Vierzon-Bourges-Saincaize. L’emploie du subjonctif n’a pas convaincu Colette, têtue comme une veille mule : « La défense de le SNCF sera mieux assurée par la lutte des cheminots eux-mêmes ». Cette idée ne provoqua aucun rire, mais vraiment aucun, dans les rangs de la majorité de droite du conseil municipal.
Pour les ignares : monsieur Bensac, c’est celui qu’a peint un arobas internet supplémentaire sur les panneaux, à l’entrée de la ville. Eh ! "berruyer-avant-tout" ! Peut-être va-t-il agir pour que Bourges soit partout en très haut débit ? Peut-être qu’en tant que préposé aux hautes technologies, monsieur Bensac daignera condescendre à s’intéresser aux citoyens de Bourges encore en basse technologie : je pense à ceux qui reçoivent la télé depuis le ré-émetteur du chemin Tortiot : images à la qualité hasardeuse, pas moyen d’avoir Canal +, quelques chaînes en moins dès que y’a un orage et la foudre – et pas de T.N.T...
A suivre...
Ce sont là (point 2 et point 8), les deux moments où y’eut un peu d’étincelles. Mais, y’a aussi des petites braises amusantes. Dans la journée, promis, juré, craché, je les raconte : monsieur le maire ironisant sur son blog, l’animation de la ville confiée à une entreprise, les inquiétudes du maire pour la liste gauche "unie", Bourges et son dossier béton pour le droit de priorité d’acquisition de l’ex Bon Pasteur, et une fin de conseil municipal avec un réveil inopportun d’une membre de la majorité municipale.