CONSEIL MUNICIPAL DU 23 JANVIER 2009

Premier Conseil Municipal mensuel en selle

... mais sans sel, ou presque !
mardi 27 janvier 2009 à 09:46, par Cyrano

Eh bien, ça change de cadence : début à 18 heures et une heure et demie plus tard, c’était fini. Mais bizarrement, rien, rien au début du conseil municipal sur cette nouvelle formule mensuelle : on déclare la séance ouverte et hop, on s’y met. Et rien, rien à la fin non plus, aucune remarque : on déclare l’affaire terminée et on signale que y’a des sandwiches disponibles. L’animateur principal manque un peu d’âme.

Le conseil municipal devenu mensuel, ça s’y connaît dans le nombre de points à traiter : en décembre 2008, y’avait 97 points dans l’ordre du jour, et là on avait juste 35 points. Le livret détaillant ces points à traiter a bien maigri, passant de 160 pages à une quarantaine de pages. Hélas, la numérotation des points n’est toujours pas reprise dans l’intérieur du livret et ça rend fastidieuse la recherche d’un point particulier (monsieur le maire devrait faire un appel d’offres à une officine privée – il adore ça – pour sous-traiter cette tâche ardue de numérotation, puisque ses services n’ont pas cette idée).

Ouf, on a évité les soporifiques déclarations liminaires majorité-opposition, on passe directo à l’ordre du jour (avec environ 25 personnes dans l’assistance – dont un agent des R.G... pour repérer quoi ? des membres corréziens d’une Cellule invisible ?).

Dès le début du conseil on était dans le bain, avec le point 2 : "Communauté d´Agglomération de Bourges. Extension des compétences optionnelles de la Communauté d´Agglomération de Bourges relevant de la compétence "protection et mise en valeur de l´environnement et du cadre de vie". Approbation du Conseil Municipal". Ça veut dire que la ville de Bourges transfère la collecte des ordures ménagères à la Communauté d´Agglomération.

Le nez de monsieur le maire s’allongerait-il ?

Irène Félix se lance sur le point 2. Je n’ai pas compris grand chose, voire même rien du tout aux méandres de l’intervention d’Irène. Et je ne devais pas être le seul à me demander de quoi elle causait et où elle voulait en venir. Enfin, on est arrivé à piger ce dont parlait Irène Félix : ce transfert, ne va-t-il vraisemblablement augmenter les taxes ? alors que notre maire avait juré ses grands dieux que la fiscalité n’augmenterait pas durant son mandat. La question d’Irène Félix vas nous montrer un maire ayant autant de toupet qu’un arracheur de dents. [Irène Félix commente l’intervention qu’elle a faite sur son blog].

Car il en faut plus que ça pour désarçonner notre maire. Certes, il avait promis, mais là, c’est pas lui qui va prendre la décision d’augmenter les taxes, c’est l’agglo. Blanc comme neige, le bonhomme. Lui, sa promesse, il la tiendra... mais si l’agglo décide d’augmenter, ça, ce ne sera donc pas lui... Et il y aura augmentation vraisemblable, il le dit : de gros investissements sont nécessaires. Tanton va le répéter : de toute façon, des investissements doivent être faits, que ce soit la ville de Bourges seule ou l’agglo. L’un des deux (je ne sais plus lequel) dira que d’ailleurs, l’augmentation de la taxe ordures ménagères sera moindre si ça passe par l’agglo plutôt que par la ville seule.

Ainsi, c’est beautifully simple : puisque c’est un "gros" investissement, la majorité municipale savait tout ça avant les dernières élections municipales – ou alors ce sont vraiment des nuls ?! On ne peut pas négliger cette dernière option, mais alors, des gestionnaires comme ça, faut demander leur démission. Ainsi, voici donc notre maire pris en flagrant délit de mensonge électoral... Et comme ça ne suffit pas, monsieur le maire joue avec les mots : il tiendra sa promesse, il n’augmentera pas les taxes.. mais il dit que « avec le transfert à l’agglo Bourges Plus on ne peut pas promettre qu’il n’y aura pas d’augmentation »... C’est nous prendre pour des demeurés, d’oser argumenter ainsi.

Yannick The Ripper

Yannick Bedin fera une excellente intervention. Il choisit un seul angle d’attaque pour traiter le point 2 : les conditions de travail des rippeurs [un "rippeur" (ou "ripeur") c’est la personne, au cul du camion, qui ramasse les poubelles pour les enfourner dans la benne] : il ne faut pas oublier « les exigences sociales », le travail de rippeur n’est pas sans risque lorsqu’il se trouve seul derrière la camion-benne. A Saint Germain du Puy, ils ont exigé (et obtenu) qu’il y ait 2 rippeurs par camion. Yannick ironisera sur les grandes préoccupations de monsieur la maire : «  Le développement durable, c’est bien mais il ne faut pas oublier le développement social. »

Ça titille alors la fibre sociale et humaine du maire – sa réponse, elle est bien, elle est bonne : « on ne peut pas s’ingérer dans le gestion de l’entreprise », « On ne peut pas poser de conditions ». Puis, deux rippeurs, ça entraînerait des coûts supplémentaires répercutés dans la taxe. C’est une délégation de services publics donc «  il y a obligation de résultats, pas de moyens. »...

Pas d’obligation de moyens ? Yannick Bedin revient à la charge : «  Mais il y a bien un appel d’offres ? Pourquoi ne pas exiger la présence de 2 rippeurs dans le cahier des charges ? » Avec une telle logique sur les coûts, « on n’a qu’à faire ramasser les poubelles par des enfants, comme en Egypte. »

Tanton, le bras droit de Serge Lepeltier a du sentir que fallait rectifier un peu le tir : il en rajoute sur l’augmentation des coûts, donc de la taxe, mais.. il promet, bien sûr :« Je serai attentif aux conditions de travail. » Nous voici rassuré. Allez, hop, point suivant. Yannick Bedin tient à rajouter que ce sont de grands groupes qui gèrent les collectes ordures ménagères, «  il n’y a qu’à prendre sur le profits des groupes. » [on peut retrouver le résumé de l’intervention de Yannick Bedin sur son blog].

Pour les ignares : Alain Tanton, c’est le premier maire adjoint de Bourges, celui qu’est assis à la droite du maire, cravate rouge, coupe cheveux un peu genre premier-fayot-de-la-classe. Mais Tanton, lui, c’est le Modem. Et le Modem, c’est quoi ? c’est un groupuscule qui a malgré tout les moyens de s’offrir un local vide rue d’Auron. Facile à reconnaître : une vitrine en angle de rue, on n’y jamais vu un chat, rien, jamais, mais y’a poster de François Bayrou et de monsieur Tanton.

Colette Cordat (Lutte Ouvrière) Versus Bensac (Lutte droitière)

On se fait plaisir ? alors, le point 8... "Comité de Défense de la ligne SNCF Vierzon - Saincaize. Adhésion de la Ville. Désignation d´un délégué du Conseil Municipal"

C’est un comité crée « afin de mener des actions en faveur du renforcement de la voie ferrée Vierzon-Bourges-Saincaize ». La municipalité propose que ce soit Philippe Bensac qui représente Bourges dans ce comité.

Colette Cordat y va franco : « Je voterai contre la nomination de monsieur Bensac. Il est étrange que pour défendre la ligne SNCF, on choisisse un représentant de la droite [quelques rires dans la majorité], car c’est la politique de la droite qui est responsable de la dégradation de la situation à la SNCF. » Alors l’incroyable se produisit : monsieur Bensac s’animât et a tenu à répondre : « Mon premier qualificatif est celui de "Berruyer". Et j’ai donc agit pour que le comité de défense s’appelât... » OK... comme la ligne passe par Bourges, ça va s’appeler Vierzon-Bourges-Saincaize. L’emploie du subjonctif n’a pas convaincu Colette, têtue comme une veille mule : « La défense de le SNCF sera mieux assurée par la lutte des cheminots eux-mêmes ». Cette idée ne provoqua aucun rire, mais vraiment aucun, dans les rangs de la majorité de droite du conseil municipal.

Pour les ignares : monsieur Bensac, c’est celui qu’a peint un arobas internet supplémentaire sur les panneaux, à l’entrée de la ville. Eh ! "berruyer-avant-tout" ! Peut-être va-t-il agir pour que Bourges soit partout en très haut débit ? Peut-être qu’en tant que préposé aux hautes technologies, monsieur Bensac daignera condescendre à s’intéresser aux citoyens de Bourges encore en basse technologie : je pense à ceux qui reçoivent la télé depuis le ré-émetteur du chemin Tortiot : images à la qualité hasardeuse, pas moyen d’avoir Canal +, quelques chaînes en moins dès que y’a un orage et la foudre – et pas de T.N.T...

A suivre...

Ce sont là (point 2 et point 8), les deux moments où y’eut un peu d’étincelles. Mais, y’a aussi des petites braises amusantes. Dans la journée, promis, juré, craché, je les raconte : monsieur le maire ironisant sur son blog, l’animation de la ville confiée à une entreprise, les inquiétudes du maire pour la liste gauche "unie", Bourges et son dossier béton pour le droit de priorité d’acquisition de l’ex Bon Pasteur, et une fin de conseil municipal avec un réveil inopportun d’une membre de la majorité municipale.

commentaires
Second conseil municipal, cadeau a Jaldi - 20 février 2009 à 09:59

On espere que Cyrano pourra assister au conseil de ce soir et nous faire un compte-rendu. En particulier sur la vente de l’IMEP à Jaldi pour 1300 000 euro. Le batiment faisant 1800 m², ça nous fait 700 euro le m² en plein centre-ville historique ! Pour rappel, le prix moyen à Bourges est de 1500 euro le m² , et jusqu’a 2500 en hyper centre. (voir sur le site de Jaldi : http://www.aactif-immobilier.com pour voir les prix pratiqués actuellement)


#22357
Les affaires entre amis - jean-Michel Pinon - 20 février 2009 à  10:28

La municipalité de Bourges pratique largement le clientélisme : Jaldi pour l’immobilier, Carrefour pour le commerce (un membre de la municipalité est directeur des ex champions... au niveau de l’éthique et même du droit, c’est vraiment limite), Véolia pour le le ramassage des poubelles), et les multiples sociétés satellites du Printemps de Bourges pour les animations et la gestion des salles de spectacles municipales.

Une vraie petite mafia locale que personne n’a le courage de critiquer.

#22358 | Répond au message #22357
Second conseil municipal, cadeau a Jaldi - Cyrano - 20 février 2009 à  13:14

La Nouvelle Réppublique d’hier jeudi 19 février en parlait (je suppose que c’est de là que vous tirez votre info). Y’avait une affichette apposée hier chez les dépositaires de presse, avec en grosses lettres l’info sur la vente de l’IMEP. Palsambleu ? vite, j’ai donc acheté la Nounou en plus de mon Berry Républicain. Puisque c’est le titre choisi pour le jour, doit y avoir à lire, un p’tit dossier... Déception : en page 8, dans un coin, un tout petit bout d’article. Remboursez ! Remboursez !

#22359 | Répond au message #22357
Second conseil municipal, cadeau a Jaldi - 20 février 2009 à  15:24

Dans le Berry d’aujourd’hui aussi. C’est marrant, aucun journal ne releve le prix dérisoire. Pas plus qu’ils ne s’étonnent d’une vente de gré à gré. Un appel d’offres aurait surement rapporté plus d’argent. Supposons que Jaldi fasse pour 1000 euro de travaux par m2, ca lui laissera au final entre 500 et 1000 euro/m2 de plus-value lors de la revente. Sans compter toutes les aides qu’il pourra obtenir à cause de la situation en secteur sauvegardé. Il est malheureusement à craindre que ce genre de magouille sur le dos des berruyers ne se multiplie, l’opposition n’y voyant rien à redire. Mais que peut faire l’electeur lambda ?

#22362 | Répond au message #22359
Second conseil municipal, cadeau a Jaldi - 20 février 2009 à  17:04

je suis partagé entre 2 sentiments :
1 - la qualité du réseau Jaldi / mairie
2- peut etre qu’il est le seul à pouvoir mettre 1,3 MF sur la table

et un troisième :
y a t-il eu un véritable appel d’offres en bonne et due forme ?

#22364 | Répond au message #22362
Second conseil municipal, cadeau a Jaldi - 21 février 2009 à  09:56

Ca y est, c’est voté, 2500 m² d’emprise publique en plein centre ville sera vendue au privé. L’opposition a voté contre.

#22365 | Répond au message #22357
Yannick The Ripper - Jean-Michel Pinon - 27 janvier 2009 à 11:46

Toute personne qui s’est un jour retrouvé en voiture derrière ces camions a pu voir combien ce travail doit être épuisant lorsqu’il n’y a qu’une personne pour ramasser. Le mec se speed comme un dingue parce qu’il y a des voitures derrières (et que certains conducteurs nantis dans leurs grosse bagnole sont cons comme la lune et s’impatientent : bah il va se grouiller le poubellier ! Plus vite que ça feignasse !). Donc non seulement il y a le travail qui est physiquement difficile mais il y a en plus la pression de connards d’automobilistes qui pensent que les postiers sont des feignants, les enseignants aussi, et les ramasseurs de poubelles sont des chiens.

Lest explications du maire de Bourges et de M. Tanton sont absolument dégoutantes. A quoi ça sert un élu ? C’est une délégation µ ? Ben c’est l’argent public qui va à ces entreprises privées, donc la mairie à le DEVOIR de demander des comptes, de savoir comment l’argent est utiliser, d’exiger lors de son appel d’offre qu’il y ait deux mecs à l’arrière de ces camions. La maire prouve là son absence de sens des responsabilité et son absence de pragmatisme.


#22242
Yannick The Ripper - Eulalie - 27 janvier 2009 à  12:19

Elle prouve surtout son mépris pour les rippers : c’est elle aussi qui est dans une grosse bagnole ;-) Et ceux sont ceux la même qui sont dans les grosses bagnoles qui ont voté pour pour les autres conducteurs de grosses bagnoles.

Monsieur Bedin a raison de dénoncer les conditions de travail des rippers. Mais c’est pisser dans un violon que de demander à cette majorité d’intervenir auprès de Véolia, boite pourrie. (dont Mister K avait rappelé dans un article sur les bus de Bourges que c’est sous Rimbaud ? Rimbault ? (je sais plus) qu’un contrat avait été passé entre les bus municipaux et Véolia).

C’est de Véolia dont il faut se débarasser : j’attends d’une vraie gauche qu’elle veuille arrêter le contrat passé avec Véolia pour la gestion des déchets, les transports et j’en ignore suremement, Véolia donnant, sous couvert de l’environnement, dans des tas de domaines.

#22245 | Répond au message #22242