EDITORIAL NOVEMBRE 2008

Inquiétudes globales et locales

dimanche 2 novembre 2008 à 20:14, par Mister K

En ce mois de novembre 2008, il est légitime pour les citoyens français et bien au-delà, de s’inquiéter de l’avenir. On s’inquiète de ce qui peut nous toucher directement mais aussi de ce qui peut nous toucher indirectement. L’avenir à court terme et moyen terme qui nous touche tous directement, c’est la situation socio-économique, c’est le pouvoir d’achat, c’est le chômage. L’avenir à plus ou moins long terme [1] qui nous touche tous également, ce sont les
retraites. L’avenir à long terme c’est également l’épuisement des ressources naturelles de la planète et les catastrophes que cela peut engendrer.

On peut être inquiet de ce que l’on comprend, mais aussi et surtout de ce que l’on ne comprend pas. La crise des crédits à risques, mieux connue sous le nom de la crise des subprimes, qui a touché les États-Unis à l’été 2007 était le début de la crise financière qui touche le monde entier depuis octobre 2008. En 2007, les subprimes, les berruyers, berrichons, citoyens français et du monde entier n’y comprenaient rien. Nos hommes politiques non plus de toute évidence. On avait d’ailleurs beaucoup de mal à nous expliquer cette crise. On sentait que la situation n’était pas sous contrôle. En octobre 2008, là, c’est la tempête financière mondiale qui a généré une panique monstre au sein des plus grands états du monde au point de faire perdre leurs repères idéologiques à tous nos dirigeants. En France, en Europe, sous nos yeux ébahis, on a vu défiler des milliers de milliard d’euros sans qu’on puisse bien comprendre d’où ils sortent et surtout sans totalement comprendre les conséquences pour l’avenir. En réalité, on a bien peur de comprendre, mais on ne veut pas vraiment y croire tellement c’est énorme. Après la chute du mur de Berlin en 1989, le système économique capitaliste et libéral, vainqueur par KO, s’est senti pousser des ailes. Les dérégulations se sont multipliées, les états n’avaient plus aucun contrôle réel sur l’économie (d’où la fameuse impuissance du politique) et le pouvoir était aux mains des financiers. La phrase précédente est au passé, mais j’aurais pu tout aussi bien la conjuguer au présent, car, bien évidemment, rien n’a changé à ce jour.

Donc, forcément on est inquiet quand on suit l’actualité mondiale. Le réflexe naturel, c’est alors de se tourner vers une cellule plus proche de nous, celle de l’Europe et de l’état français. Malheureusement, l’action du Président de la République Nicolas Sarkozy qui a distribué d’une main les milliards aux banques, tout en sortant sa grosse voix et en faisant semblant de houspiller les milieux financiers n’est pas bien crédible. Il creuse l’endettement tout en prenant des risques monstrueux au nom de la France et des Français : car si en théorie l’argent mis sur la table sera récupéré, que se passera-t-il si ce n’était pas le cas ? La situation n’est, de toute évidence, pas plus sous contrôle en France que dans le reste du monde. Et tout cela est réalisé en dépit du bon sens : aucun contrôle réel de l’État français n’est réalisé sur les sommes prêtées aux banques françaises, situation ubuesque quand on sait que c’est l’absence de règles et de contrôles des flux financiers qui a généré cette crise. On n’est donc pas rassuré par l’État qui pense aux banques, aux entreprises, aux entités virtuelles, mais pas aux citoyens directement. Et le citoyen n’a rien a dire, il a voté en mai 2007, point. Il est pourtant d’autant plus inquiet qu’on le prépare déjà à devoir payer tout cela. Un premier signal a été lancé par l’Assemblée Nationale qui, dans le cadre de la loi sur le financement de la sécurité sociale, a adopté le 31 octobre 2008 un amendement qui repousse à 70 ans l’âge maximum du départ à la retraite. En soit et en apparence, cela ne change rien ; sauf au niveau psychologique où le signal est fort et le message plutôt clair...

Agir local, penser global. La ville est la cellule ultime du citoyen, c’est le cocon administratif ultime, celui que l’on peut toucher du doigt. À Bourges, les berruyers ont de la chance [2], le pouvoir municipal est de la même couleur politique que celle du gouvernement français. Le conseil municipal, lieu institutionnel de la démocratie locale, peut donc être l’occasion d’exprimer ces inquiétudes à propos de l’impact du contexte global sur le contexte local. Le conseil municipal peut être l’occasion d’inciter le pouvoir municipal à prendre en compte les inquiétudes mais surtout à anticiper les effets de cette crise qui ne manquera pas de nous toucher tous. La municipalité de Bourges pourrait donc, en tenant compte bien entendu
de son domaine de compétence, prendre des mesures qui pourraient rassurer les citoyens. Tout cela c’est du conditionnel. Parce que dans les faits, au dernier conseil municipal, le maire de Bourges a coupé le sifflet à un élu de l’opposition qui s’inquiétait un peu trop de la situation nationale. Et nous, forcément, ce genre d’actes, cela ne nous rassure pas.

En tout cas, au niveau local aussi, le signal est fort et clair : silence dans les rangs, tout doute ou critique de l’action du gouvernement ou de la municipalité ne peut être l’œuvre que de gauchistes. L’inquiétude du citoyen n’est pas permise et ne doit pas
s’exprimer. Tout doit être cadré, beau, sans un poil de cul qui dépasse. On paie très cher des campagnes et des agences de communication pour cela. Et on vous le dit : tout va bien ! Celui qui dit le contraire est un socialo-communiste, crypto-gauchiste.

C’était peut-être cela, la rénovation de la démocratie dont parlait Serge Lepeltier lors de la campagne municipale de mars 2008. En tout cas, cela fait froid dans le dos et ne fait que rajouter de l’inquiétude démocratique à l’inquiétude économique et sociale. Et l’inquiétude, c’est l’inverse de la confiance. C’est elle qui nous fait rentrer plus profondément encore dans le cercle vicieux de la dépression économique. L’objectif de tout responsable politique, quel que soit son niveau de responsabilité, devrait être d’agir afin de restaurer la confiance. Pas de faire taire les critiques, ce qui ne peut qu’amplifier le malaise général.

[1Pour certains, c’est le présent

[2Je plaisante, hein...

commentaires
Casse toi pauv’con ! - Daniel - 30 novembre 2008 à 11:01

Avec ce titre assez piquant qui ne vise surtout pas Mister K, il nous faut penser tout de même, en cette période difficile pour le système économique en vigueur, à ce que les français ont fait en 2007. Ils ont voté comme leurs pieds, ou comme des veaux ‘comme à disait De Gaulle’.

La médiocrité ‘jusqu’au boutiste’ est au pouvoir ! Médiocrité car ce petit homme, qui rappelle tant Bonaparte, mégalomane avéré, se prend pour le grand chef, le senseur, le juge, le roi ! pire encore, pour l’homme de la situation ! Il envoie les enfants de moins de 13 ans en prison de préférence quand ils ont la peau bronzée, il stigmatise sur toutes les différences, tous ses opposants, mêmes les sdf qui ne veulent pas aller se faire voler leurs sacs et leurs portefeuilles dans des salles communes, même s’il fait froid dehors. Il va détruire le code du travail, et va réduire nos salaires, pour appliquer sa doctrine qui résonne encore partout : << TRAVAILLER PLUS ET GAGNER MOINS ! >> . Il est en train d’assujettir les syndicats en les rémunérant, comme cela a été fait il y a quelques années pour les partis politiques, en prenant sur nos impôts. IL détruit tous les services public pour les attribuer au MARCHE, idole Elyséenne depuis 1958. Il s’entoure volontairement de mauvais ministres : Daty, Darcos, Bachelot, Woerth, Boutin, Pecresse, Albanel, Wautier, Morin, Barnier ! Que des brêles à corriger ! Il a aussi choisi ses capitaines de guerre, des hommes sûrs, anti-peuple : Fillon, Bertrand, Hortefeux. Le totalitarisme non seulement n’est pas mort en France, il a d’ailleurs souvent avancer masquer, (l’Etat Français de Pétain de 40 à 45), mais ce petit et pauvre personnage détestable placé connement à la tête de nos institutions anti-démocratiques, pourra si vous avez peur de tout, assumer son rôle de chef, de fürher, donc de dictateur ! Il a déjà les mimiques du rôle !

Une fois que l’on a compris cela, chacun dans son coin va se demander ce que deviendra ses économies dans cette crise de dupes, ou comment acheter la baguette du lendemain, (chacun se reconnaitra !)

La Crrrise actuelle est une explosion du système financier. Rappelez vous la bulle Internet des années 99-2000 ! Qu’est ce qu’une bulle en économie ? c’est quand tu veux gagner un max de pognon sur le dos du reste du monde, en échangeant des objets des idées de l’argent qui n’existent pas, et que tu arrives à les vendre à des gens qui veulent faire la même chose que toi ! Au moment du bilan, on constate que le château de cartes financier ne vaut rien puisqu’il n’y n’existe pas de valeur, et tout ce casse la gueule !

SAUF que cette montagne d’argent échangée par TOUS les épargnants ‘à l’insu de leur plein gré’, provoque un trou ‘noir’ dans l’économie du monde, économie mondialisée bien sûr grâce à tous nos fameux stratèges et grands hommes politiques successifs !

Maintenant il va falloir boucher ce trou gigantesque de fric car la perte, elle, existe bien pour les entreprises qui ont perdu beaucoup d’argent. Petit rappel : En 2006, la société Carrefour, entre autre, gagna plus d’argent en gérant son portefeuille financier qu’en vendant des nouilles ! Et Oui !

On a l’habitude de penser que tout travail vaut salaire ! L’esclavage est l’anti thèse de cette idée. Mais qu’est-ce qu’un esclave ? Un humain soumis en tout point par un autre humain qui tient le bâton, le portefeuille, la maison, le pouvoir ! Pour ma part je vois Sarko dans le rôle du mec qui tient le bâton, et le peuple français dans le rôle de l’esclave ! Pas toi ?
Plus sérieusement, l’argent disparu en bourse doit être récupérée pour rééquilibrer les comptes de l’économie mondiale. Attention, de l’argent certains en ont beaucoup, voire beaucoup trop ! Ce ne sont pas ces nantis qui vont payer. Au regard du trou financier généré par l’explosion de la bulle 2008, leur fortune suffirait à peine. Ce n’est pas une raison pour les épargner ! J’ai l’honneur et l’avantage de vous affirmer que ceux qui paieront c’est NOUS, c’est VOUS, c’est MOI ! Toutes celles et tous ceux qui sont capables de travailler, car la valeur travail est la plus sûr de toute, même en cette période de vache grâce !

Merci de ne pas résonner à l’échelon local pour ce qui est de l’économie actuelle. C’est criminel pour la compréhension des choses. L’esclave berrichon émancipé regarde au loin pour comprendre, et les buttes du Sancerrois ne sont pas si hautes ! L’inquiétude économique et sociale nous est transmise à la télé, dans les médias, par ceux qui ont des gros sous et ont peur de les perdre !

Je propose l’expropriation des richesses et des biens pour le peuple et par le peuple : les sociétés d’autoroute, la société Total et toutes les sociétés produisant de l’énergie, les Carrefour, Auchan, Company&Co . . . . !

Je propose de donner de nouveaux droits aux salariés des entreprises de l’automobile pour qu’ils décident dans leurs entreprises, ce qui est dans leurs intérêts et ce qui est dans l’intérêt de ce rentier d’actionnaire !

Je propose de clamer le titre de cet article devant l’Elysée dès que nous serons assez nombreux pour cela ! Il ne faut pas y aller comme des moutons à l’abattoir ! L’Etat pourri et son armada de flics et CRS (de pauvres gens bien inoffensifs individuellement !) ne sont pas à négliger !

Je propose de nous réunir partout avec celles et ceux qui veulent changer profondément l’organisation de nos vies. Je ne parle du PS du PC et encore moins du Modem. Ces gens existent ! regardons autour de nous ! Nous sommes presque tous concernés, donc les plus forts car les plus nombreux ! Soyons démocrates, respectueux, laïcs, ouverts aux propositions, à l’écoute de chacun, capables de synthèses, fermes sur les idées et décisions prises en commun ! CREONS NOUS MEME UNE NOUVELLE SOCIETE !

Il ne faut pas désespérer ! La génération à venir déjà hypothéquée des ressources terrestres, va nous haïr à juste titre si nous n’agissons pas : Nucléaire, Changement climatique, Endettements colossaux ! Ils vont nous faire la peau ! Que feriez vous à leur place ! << Casse toi vieux con ! >>. Pour ma part, c’est ce que je dirai !

Bien cordialement
Daniel


#14910
Casse toi pauv’con ! BIS - Daniel - 10 décembre 2008 à  08:49

Bien qu’en désaccord sur un bon nombre de points politiques avec Emmanuel Todd, vous aurez été nombreux à l’entendre ce matin sur France Inter (10/12/08).

Il donne une idée fort intéressante de ce vers quoi nous risquons d’aller avec le petit Napo, comment recule la démocratie dans notre pays, et sur la chute précipité du système libéral mondialisé.

Il y a des comptes-rendus partout des interviews d’Emmanuel Todd en ce moment dans les médias et son dernier livre à lire.

Salutations et bonnes lectures

#14984 | Répond au message #14910
Inquiétudes globales et locales - Eulalie - 2 novembre 2008 à 21:30
#14551