L’écologie de Lepeltier : parole, parole et parole ...
Suite au débat organisé vendredi 10 octobre 2008 dans le cadre du 4ème Festival du film écologique à Bourges entre Dominique Voynet et Serge Lepeltier, les Verts du Cher réaffirment certains points et posent les questions qu’ils n’ont pas pu poser faute de temps [1]
Comme Dominique Voynet l’a bien dit, les Verts se revendiquent de l’écologie politique, c’est-à-dire ancrés à gauche et contre le système économique ultra-libéral actuel dont l’actualité ne cesse de nous démontrer les échecs et les conséquences catastrophiques sur la planète et les hommes.
Le capitalisme apporte le « confort » aux populations — comme l’a dit M. Lepeltier — mais à celles des pays riches du Nord. Il a oublié que ce système injuste pille les ressources des pays du Sud et maintient les populations dans la pauvreté.
Les verts revendiquent un système politique et économique solidaire et non aux mains des multinationales et de l’OMC. Pour reprendre quelques thèmes du débat, les Verts sont contre le nucléaire (dont ils prônent la sortie progressive), contre le développement des autoroutes inutiles et non rentables mais pour des transports collectifs non polluants, le maximum de ferroutage, le développement important des énergies renouvelables, des services publics forts.
Donc, les désaccords sont fondamentaux entre S. Lepeltier maire de Bourges et D. Voynet maire de Montreuil !
Les Verts du Cher dénoncent encore une fois le décalage énorme entre le discours du maire de Bourges et la réalité des actions menées dans la ville depuis plus de 13 ans. Alors qu’on entame le 3ème mandat, aucune économie d’énergie de grande ampleur sur les bâtiments publics ou privés n’est constatée ; par exemple, les bâtiments ne sont pas isolés et le projet de construction à Avaricum n’utilise pas les énergies renouvelables (les Verts d’ailleurs ont été les seuls à le dénoncer dans l’enquête publique en décembre 2007 !).
Les centaines de milliers d’euros gaspillés par la municipalité dans les caméras de surveillance (ce qui ne résout en rien les problèmes de délinquance), dans l’organisation des comités de quartier par des services extérieurs ou la communication extravagante (immenses affiches) sur « l’action écologique » à Bourges auraient pu servir – entre autres – à valoriser cet habitat urbain.
Il s’agit bien de volonté politique claire dans l’élaboration d’un budget municipal et de choix réels, non de communication destinée à brouiller les pistes.
Enfin, M. Lepeltier était d’accord avec l’argument de D. Voynet, l’aspect néfaste du développement démesuré des quartiers périphériques des villes – gros mangeurs d’énergie ! On peut se demander alors pourquoi des quartiers entiers sont construits ou en construction près du CREPS , au Val d’Auron ou Route de Marmagne et pourquoi l’on détruit 4 quartiers emblématiques de Bourges avec les conséquences humaines désastreuses qui en découlent : la Chancellerie, les Gibjoncs, l’Aéroport et Avaricum ? Pourquoi ne pas réhabiliter — comme le demande de nombreux habitants de Bourges — ces immeubles avec une isolation et des moyens de chauffage écologiques ?
Pour finir, puisque M. Lepeltier prône l’habitat vertical, alors, que l’équipe qu’il dirige prenne la décision de réhabiliter la Tour Jean Rameau (déjà proposée par l’opposition municipale pendant la dernière campagne), au lieu de projeter de l’abattre, et cela serait du vrai courage politique !
Joëlle Chauveau, membre des VERTS 18, a participé à plusieurs campagnes municipales à Bourges, dont celle de 2008 dans les rangs de "La Gauche Unie", avec Irène Félix (PS).