TGV : Lepeltier a-t-il menti ?

lundi 12 mai 2008 à 11:55, par bombix
TGV : Lepeltier a-t-il menti ?

À moins d’une surprise, et malgré la mobilisation de certains responsables locaux, le projet d’un TGV passant par Bourges semble à l’eau. Rien du projet phare de la campagne Lepeltier pour les élections municipales de 2008 n’est inscrit parmi les lignes retenues dans le projet de loi qui traduit les engagements du Grenelle de l’Environnement du mois de septembre 2007. [1] La nouvelle est tombée, sèche et rude, il y a quelques jours, provoquant l’émoi des berrichons qui ont cru, l’espace d’une campagne électorale — sans y croire vraiment (le berrichon est par nature placide et prudent) — à cette perspective de désenclavement d’un Berry décidément bien isolé et qui aura du mal à faire valoir ses atouts dans la jungle économique du monde d’après (pour parler comme un certain) où livrent bataille entreprises, villes, régions, pays, continents.
L’information n’est pas des plus réjouissantes. Mais au-delà du prévisible assombrissement de l’horizon économique pour notre ville et pour notre région, se pose la question, grave, de l’honnêteté des responsables politiques dans cette affaire.
Serge Lepeltier, on le sait, jusqu’à l’époque bénie de l’automne 2007 qui marqua le début de la campagne électorale, n’a jamais cru au TGV. Lepeltier n’est pas un débutant en politique. Il a occupé plusieurs mandats comme maire, député et sénateur. Il fut même Ministre de l’écologie, et si son passage au gouvernement n’a pas laissé de traces mémorables en terme de réformes, on a, en général, reconnu ses mérites de haut responsable, concernant en particulier la nécessaire connaissance des dossiers à monter et à défendre dans le cadre de ces fonctions.
Dans ce contexte, il est fort improbable qu’il ignorât quoi que ce fût concernant des problèmes aussi sensibles pour l’écologie que ceux de l’aménagement du territoire, a fortiori s’ils concernaient directement la ville dont il était le 1er magistrat. Il ne croyait pas au TGV, et il avait sans doute de bonnes raisons pour cela.
Un brève recherche sur internet laisse apparaître que l’idée de développement de lignes à grande vitesse passant par la région Centre était en réalité en débat, depuis longtemps, et au sein même de l’UMP. Plusieurs articles font référence aux réticences du sénateur François Gerbaud (UMP), hostile au développement des LGV, et plutôt favorable à l’amélioration et à la rénovation des lignes classiques. Exemple, dans la Nouvelle République du 29/08/2006, on peut lire : « Jean-Yves Hugon de la même famille politique ... croit dur comme fer aux bienfaits d’un nouveau tracé à grande vitesse, Beauvilliers-Orléans-Châteauroux-Limoges. L’idée poussée par M. Hugon et les membres d’une association constituée pour l’occasion, est rappelons-le vivement combattue par M. Gerbaud privilégiant lui, la solution qui consiste à moderniser la ligne existante Paris-Toulouse. ». Ailleurs, publié sur le site du Sénat : « Infrastructures de transport : remettre la France sur la bonne voie : ... M. François Gerbaud a demandé si les critères d’évaluation socio-économiques des projets étaient pertinents. Il s’est également interrogé sur l’ambition des programmes de LGV et a considéré qu’il convenait sans doute, au vu des conclusions de l’audit sur le réseau, de se déprendre du rêve de la grande vitesse au profit de l’entretien du réseau existant. A ce titre, il estimait par exemple qu’une liaison grande vitesse Limoges-Poitiers n’était pas justifiée. »
Le document date d’octobre 2007.
Nouveau document, toujours sur le site du Sénat, cette fois datant de novembre 2007 : « Lors de la séance du Sénat du mardi 6 novembre 2007 consacrée aux questions orales M. François Gerbaud (UMP, Indre), a interrogé le gouvernement sur l’état dégradé des infrastructures ferroviaires en France, et, plus particulièrement, sur l’avenir de la ligne historique Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT), qui risque d’être compromis par la création, annoncée pour 2025, d’une nouvelle ligne TGV Paris-Lyon via Vierzon, Bourges et Clermont.
M. François Gerbaud a souhaité que le prochain CIADT [2] soit l’occasion pour l’Etat de mettre l’accent sur les arbitrages entre les ambitions onéreuses pour le TGV et la modernisation, qu’il a jugée plus réaliste, du réseau français de grandes lignes.
 »

Bref, faut-il entretenir l’existant ou envisager de nouveaux investissements coûteux et ultra-modernes ? That is the question. Et elle n’est pas nouvelle. Choisir, c’est renoncer. Vraisemblablement, le gouvernement a préféré aujourd’hui la ligne Gerbaud.

Feignant de ne rien savoir de ce dilemme, ici même, dans l’Agitateur, Serge Lepeltier affirma catégoriquement : « Je n’ai jamais parlé de TGV. Pourquoi ? Parce que je pensais que cela n’était pas crédible. On ne peut pas tromper les populations. » Sollicitude touchante, et plus loin : « le TGV nouvelle génération, ce n’est pas 270 km/h comme actuellement. C’est 350 km/h ! Mais pour atteindre cette vitesse, il faut de nouvelles voies. La SNCF veut en profiter pour irriguer des territoires qui ne le sont pas aujourd’hui, afin que toutes les métropoles régionales soient reliées par TGV. Il en manque une, c’est Clermont-Ferrand. »

Ce que n’a pas dit Serge Lepeltier, mais qu’il devait savoir, c’est que les nouvelles voies étaient en concurrence dans la problématique des décideurs avec les anciennes, en fort mauvais état. Par ailleurs, il était inexact de citer Clermont-Ferrand comme l’unique métropole régionale non reliée par LGV. Toulouse est également dans cette situation et s’est placée sur les rangs depuis longtemps pour bénéficier de ces équipements.

On peut imaginer que les décisions prises l’ont été sur des critères rationnels, à l’échelle du pays, au détriment hélas de régions, dont la nôtre, qui ne bénéficieront pas de ces infrastructures, indéniablement dynamisantes.

Ces critères « rationnels » sont, on le sait, économiques. Outre semble-t-il le mauvais état de l’existant et l’endettement de RFF, le développement des lignes TGV en France, les plus rentables de la SNCF, a toujours suivi la même logique : relier Paris et les grandes métropoles provinciales. Une ville comme Bourges ne peut en bénéficier que par contre-coup, parce qu’elle se trouve placée sur la voie, ou a proximité. Les deux villes concurrentes selon ce schéma, parce que non desservies, étaient Clermont-Ferrand et Toulouse. Toulouse en remportant le challenge se trouvera alors à trois heures de Paris [3]. Mais la ligne passera par Bordeaux, et Bourges et le centre de la France seront oubliés.
À la logique économique, on pourrait, on devrait opposer une logique d’aménagement du territoire. On pointe ici les limites de nos ténors locaux libéraux : comment peuvent-ils soutenir que ce qui est bon pour les autres (laisser faire le tout-économique, que le meilleur — parce que le plus gros — gagne et que les autres crèvent) n’est pas bon pour eux ?
Enfin, il faut mentionner sans doute une organisation défaillante de la défense des provinces oubliées du centre de la France qui n’ont pas su se faire entendre collectivement avec force [4].

Quoi qu’il en soit, c’était consentir au mensonge, au minimum par omission, que de laisser croire aux berruyers que l’affaire était réglée dans un sens favorable pour leur ville et sa région dès cet automne.

Remarques : Lepeltier a d’ailleurs peut-être autant menti aux siens qu’à ses électeurs. En jouant la carte Philippe Bensac, soutien actif et sincère du TGV pour Bourges, il a indéniablement crédibilisé son propos, puisqu’il s’est adjoint les services du berruyer qui s’est certainement le plus battu sur ce dossier. Dans une logique de communication, c’était habile. Il récupérait pour son compte l’image dynamique de « l’agitateur de droite » ; quant à savoir s’il était aussi convaincu que lui, rien n’est moins sûr. Le temps de la comédie nécessaire à la campagne électorale étant passé, la sanction du réel est tombée. Il faudra surveiller de près l’évolution des relations entre des deux hommes, qui, à coup sûr, afficheront une solidarité sans faille dans l’adversité. Pourtant, si Bensac conclut en son for intérieur qu’il a été instrumentalisé, et que sa propre crédibilité pourrait en être atteinte, nul doute que des conséquences politiques ne manqueront pas d’apparaître. Affaire à suivre...



(source image : wikipedia commons retravaillée avec GIMP, éditeur d’images sous GNU/Linux)

[1cf. l’article 11 du projet de loi :
« III - Le maillage du territoire par des lignes ferrées à grande vitesse sera poursuivi, non seulement pour relier les capitales régionales à Paris, mais aussi pour les relier entre elles et assurer la connexion du réseau français au réseau européen.

A cet effet, outre la ligne Perpignan-Figueras et la première phase de la branche Est de la ligne Rhin-Rhône actuellement en travaux, la réalisation de 2000 km de lignes ferroviaires nouvelles à grande vitesse sera lancée d’ici 2020 : la ligne Tours-Bordeaux, le contournement de Nîmes et de Montpellier, la ligne Montpellier-Perpignan, la ligne Bretagne-Pays-de-la-Loire, les deuxièmes phases de la ligne Est et de la branche Est de la ligne Rhin-Rhône, l’interconnexion Sud des lignes à grande vitesse en Ile-de-France, la ligne Provence – Alpes – Côte d’Azur, la ligne Bordeaux-Toulouse, la ligne Bordeaux-Hendaye, les branches Sud et Ouest de la ligne Rhin-Rhône. »

[2Comité interministériel pour l’aménagement et le développement du territoire

[3La décision semble d’ailleurs ancienne (2006) si l’on en croit cet article du site de la mairie de Toulouse.

[4Mélancolique, le Cyberbougnat constate : « Avec trois pétitions, plusieurs associations mais peu d’actions pour mobiliser le grand public, l’Auvergne n’a pas fait fort pour plaider sa cause. Et on vient à se demander si cela nous sert vraiment à quelque chose d’avoir quatre ministres auvergnats... ». Si 4 ministres c’est trop peu, alors 1 ex-ministre, chiraquien de surcroît ...

commentaires
TGV : Lepeltier a-t-il menti ? - seb - 14 mai 2008 à 22:27

et à propos de mensonges, n’était-il pas question d’une "salle de musiques actuelles " pour remplacer le 22 ? en a-t-il été seulement question depuis les élections ?


#12546
TGV : Lepeltier a-t-il menti ? - 13 mai 2008 à 22:39

Franchement, le TGV à Bourges, cela aurait été bien...
Mais bon, on est à 230 km de Paris, seulement !
Et il faut 2H !
Rénover les voies devrait permettre de passer Orléans à 45 min et Bourges à 1H30, ce qui serait déjà pas mal !
Pétitionner auprès de la RFF , SNCF : c’est la seule solution !


#12535
TGV : Lepeltier a-t-il menti ? - bombix - 13 mai 2008 à  22:58

Un petit texte du philosophe Alain. Il date de 1908. Choisi tout spécialement pour Eulalie ;-)

Vitesse.

J’ai vu une des nouvelles locomotives de l’Ouest, plus longue encore, plus haute, plus simple que les autres ; les rouages en sont finis comme ceux d’une montre ; cela roule presque sans bruit ; on sent que tous les efforts y sont utiles et tendent tous à une même fin ; la vapeur ne s’en échappe point sans avoir usé sur les pistons toute l’énergie qu’elle a reçue du feu ; j’imagine le démarrage aisé, la vitesse régulière, la pression agissant sans secousse, et le lourd convoi glissant de deux kilomètres en une minute. Au reste le tender monumental en dit long sur le charbon qu’il faudra brûler.

Voilà bien de la science, bien des plans, bien des essais, bien des coups de marteau et de lime. Tout cela pourquoi ? Pour gagner peut-être un quart d’heure sur la durée du voyage entre Paris et Le Havre. Et que feront-ils, les heureux voyageurs, de ce quart d’heure si chèrement acheté ? Beaucoup l’use­ront sur le quai à attendre l’heure ; d’autres resteront un quart d’heure de plus au café et liront le journal jusqu’aux annonces. Où est le profit ? Pour qui est le profit ?

Chose étrange, le voyageur, qui s’ennuierait si le train allait moins vite, emploiera un quart d’heure, avant le départ ou après l’arrivée, à expliquer que ce train met un quart d’heure de moins que les autres à faire le parcours. Tout homme perd au moins un quart d’heure par jour à tenir des propos de cette force, ou à jouer aux cartes, ou à rêver. Pourquoi ne perdrait-il pas aussi bien ce temps-là en wagon ?

Nulle part on n’est mieux qu’en wagon ; je parle des trains rapides. On y est fort bien assis, mieux que dans n’importe quel fauteuil. Par de larges baies on voit passer les fleuves, les vallées, les collines, les bourgades et les villes ; l’œil suit les routes à flanc de coteau, des voitures sur ces routes, des trains de bateaux sur le fleuve ; toutes les richesses du pays s’étalent, tantôt des blés et des seigles, tantôt des champs de betteraves et une raffinerie, puis de belles futaies, puis des herbages, des bœufs, des chevaux. Les tranchées font voir les couches du terrain. Voilà un merveilleux album de géographie, que vous feuilletez sans peine, et qui change tous les jours, selon les saisons et selon le temps. On voit l’orage s’amasser derrière les collines et les voitures de foin se hâter le long des routes ; un autre jour les moissonneurs travaillent dans une poussière dorée et l’air vibre au soleil. Quel spectacle égale celui-là ?

Mais le voyageur lit son journal, essaie de s’intéresser à de mauvaises gravures, tire sa montre, bâille, ouvre sa valise, la referme. A peine arrivé, il hèle un fiacre, et court comme si le feu était à sa maison. Dans la soirée, vous le retrouverez au théâtre ; il admirera des arbres en carton peint, des fausses moissons, un faux clocher ; de faux moissonneurs lui brailleront aux oreilles ; et il dira, tout en frottant ses genoux meurtris par l’espèce de boîte où il est emprisonné : « Les moissonneurs chantent faux ; mais le décor n’est pas laid. »

#12536 | Répond au message #12535
TGV : Lepeltier a-t-il menti ? - Eulalie - 14 mai 2008 à  09:16

Voilà, c’est exactement ce que je voulais dire. Pour quelqu’un du début du 20e ce type était bien en avance sur son temps...

#12537 | Répond au message #12536
TGV : Lepeltier a-t-il menti ? - bombix - 13 mai 2008 à 19:26

Intéressant article paru dans La dépêche. On y lit :

1) Que le réseau classique est en effet en mauvais état

2) Que les TGV ne sont pas si rentables, et que les nouveaux TGV seront encore moins rentables

s’il faut chercher une réponse à la mauvaise surprise pour le Paris-Clermont, elle est peut-être là. Le centre de la France n’est tout simplement pas attractif. On est dans un cercle vicieux : pas d’attractivité suffisante —> pas d’infrastructures ; pas d’infrastructures —> baisse de l’attractivité.

3) Que RFF et la SNCF n’ont pas la même analyse de la situation, la première étant chargée du financement, la seconde non.

4) Qu’une partie du financement sera assurée par les collectivités locales. Où vont-elles trouver l’argent ? Les projets sont programmés certes, mais leur réalisation, qui pourrait être compromise, tient au règlement de cette question.

Bref, en un mot comme en cent, vue la situation et le contexte, le TGV à Bourges, c’était tout sauf dans la poche.

extrait :

Le système ferroviaire est déjà lourdement endetté (41 milliards d’euros), une dette qui provient essentiellement de la construction des lignes TGV existantes et qui pèse encore aujourd’hui sur les comptes de RFF, justement chargé de financer la construction des nouvelles lignes. Et les ressources manquent [...] Dans un récent rapport, la Cour des comptes s’interroge sur l’opportunité de construire de nouvelles LGV si le coût des premières n’est toujours pas amorti et si les investissements se font au détriment du réseau classique.

"Plutôt que construire des LGV, on pourrait rénover les aiguillages", dont certains datent d’avant 1914, résume Christian Descheemaeker, membre de la Cour. Le réseau classique ne doit pas être "sacrifié sur l’autel de la grande vitesse", estime aussi RFF dans son journal interne [...] selon la Cour des comptes. "Les bilans a posteriori (...) mettent en évidence une rentabilité en général bien plus faible qu’espérée initialement en raison d’une sous-estimation des coûts et d’une surestimation du trafic assez systématiques", écrit-elle. A l’inverse, la SNCF aimerait davantage de lignes nouvelles puisque le TGV est son moteur économique et qu’elle n’a pas plus à assumer le financement et l’entretien des lignes depuis la création de RFF en 1997.

Autre point abordé, le financement. Qui financera la ligne Bordeaux-Toulouse ? Selon le Président du Conseil Général Midi-Pyrénées :« le problème du financement de ces projets demeure le sujet majeur. Je crains fort que les collectivités locales se trouvent dans l’impossibilité la plus totale de débourser les 15 à 20 milliards d’euros – estimations – que le Gouvernement confirme l’intention de leur demander. Elles n’avaient pas été sollicitées pour le Paris-Marseille. Elles l’ont été moins fortement pour le TGV-Est. Le gouvernement doit faire un effort si l’on veut que ces projets puissent effectivement voir le jour ».

L’article de la Dépêche


#12533
TGV : Lepeltier a-t-il menti ? - Eulalie - 12 mai 2008 à 17:52

Les electeurs de Monsieur Lepeltier qui auraient voté pour lui parce qu’il a promis le TGV ne doivent pas habiter près d’une ligne de chemin de fer. Le TGV fait beaucoup de bruit. Ca non plus il ne l’avait dit, ce qui est étonnant de la part d’un "écolo". Et je le redis, ça côute cher de prendre le TGV. Ce n’est pas pour tout le monde. (le train normal est déjà cher) Et ce n’est pas parce qu’une asso de consommateurs pro-tgv est active qu’elle a raison. C’est peut-être le pendulaire qui aurait été le mieux. Bon, mais on n’ aura ni l’un ni l’autre, comme ça c’est réglé.

La gauche locale (sur ses blogs) est en train de dénoncer la promesse de TGV non tenue par la droite. OK. Etait-elle pour le TGV ? J’en sais rien. (sûrement divisée sur la question). Le Centre de la France est dépeuplé. OK. Quand on regarde la carte du reseau TGV en France (sur le site de la SNCF) y’a un énorme blanc. Bon, mais est-ce étonnant ? Le TGV serait-il la baguette magique qui amènerait des gens, des entreprises créant des emplois attractifs ? En tous cas, c’est ce qu’on nous rebâche, mais même non experte en économie, j’ai des doutes.
Les entreprises s’installent sur les littoraux, les frontières, et les TGV aussi ducoup, comme ça ils sont sûrs d’être rentables.Ce n’est pas nouveau.

Plutôt que de dénoncer les promesses qui n’ont pas été tenues au Grenelle de l’Environnement (comment y avoir cru ?), n’est-il pas temps pour la gauche de refléchir à un système économique, politique, non ultra-libéral qui permettrait aux régions centres de se redynamiser, se repeupler, d’éradiquer les taux impressionnants de pauvreté(en toute écologie). Bien sûr, je plaisante.

Ou alors, peut-être que ce TGV, repointra son nez quand ce sera l’Equipement qui aura en charge le developpement du territoire ? Après tout, l’Etat avait promis le pendulaire. Il y a renoncé, n’a pas tenu sa promesse. On peut, pourquoi pas, escompter que la promesse d’une promesse non tenue peut devenir une promesse tenue.

M’enfin, je me demande quand même pour qui roule le TGV ?


#12518
TGV : Lepeltier a-t-il menti ? - bombix - 12 mai 2008 à  18:50

Bonjour,

M’enfin, je me demande quand même pour qui roule le TGV ?

Ça me semble difficile d’être "contre" le passage du TGV à Bourges. On ne peut pas défendre une région, et ne pas se donner les moyens de lutter à armes égales avec la concurrence ; parmi ces armes, les infrastructures ferroviaires sont un élément essentiel, car elles permettent la circulation aisée des personnes, du "capital humain", facteur déterminant du développement économique local. Maintenant il y a des nuisances, et vous les notez. Cependant, qu’est ce qui est préférable ? Faire de la politique, ça revient toujours à ça, s’interroger sur ce qui est préférable en sachant que tout n’est pas possible en même temps ; idéalement, en démocratie, on fait des études prospectives, on dresse un rapport coût/avantage, et on consulte les populations. Qui se prononcera contre le développement économique, qui se prononcera contre la perspective d’un dynamisme bénéfique à l’emploi ?

La gauche locale (sur ses blogs) est en train de dénoncer la promesse de TGV non tenue par la droite. OK.

C’était un argument de campagne. C’était même le seul argument, en gros. À si peu de temps des élections, une telle annonce ne peut que faire l’effet d’une gigantesque tromperie, d’une arnaque comme l’a noté un journaliste de la presse locale. Si Lepeltier avait été honnête, il aurait dit "J’espère le TGV, mais je n’ai aucune assurance" Là, il a laissé entendre, que dis-je, il a affirmé : "Grâce à moi et à mes relations d’ancien ministre, vous aurez le TGV" C’est malhonnête. Mais quand on lit Narboux, qui laisse supposer que la malhonnêteté est un élément non éliminable de la vie politique, et qu’elle est acceptable à condition qu’elle soit cachée, on se dit en effet que pour cette droite-là, ce n’est pas si grave. La fin justifie les moyens. Or, le résultat, c’est une méfiance de plus en plus grande de la population vis à vis de la classe politique : d’où les taux d’abstention, d’où la menace de dérives populistes, voire pire. Cette histoire de TGV, presque caricaturale, va bien au-delà d’une petite manip’ douteuse. C’est tout un système et toute une mentalité qui se dévoile : en gros, nos politiciens se servent, et n’hésitent pas à mentir pour parvenir à leurs fins, au lieu de servir, au lieu de travailler pour le bien commun. Raison pour laquelle certains réclament d’ores et déjà la démission de Lepeltier si la nouvelle était bel et bien confirmée. C’est aussi cela être responsable : prendre ses responsabilités et les assumer en cas de dysfonctionnement très grave. La gauche locale, avec sa mollesse légendaire, et traînant peut-être aussi quelques casseroles, n’aura sans doute pas l’énergie de mener ce combat-là. Bedin sur son blog a été éloquent à ce sujet. On a le maire qu’on mérite. On a l’opposition qu’on mérite. On a la classe politique qu’on mérite. Aux citoyens de s’emparer de ces problèmes et de demander des comptes à qui de droit.

Cordial.

#12519 | Répond au message #12518
TGV : Lepeltier a-t-il menti ? - Igor - 12 mai 2008 à  20:55

Bonjour,

La gauche locale, avec sa mollesse légendaire, et traînant peut-être aussi quelques casseroles, n’aura sans doute pas l’énergie de mener ce combat-là. Bedin sur son blog a été éloquent à ce sujet.

Un projet "sur les rails" si je puis-dire a été abandonné il y a quelques années par le premier gouvernement Raffarin : le POLT (ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse en train pendulaire - des wagons qui penchent dans les virages et qui permettent d’aller plus vite moyennant des aménagements sans constructions de voies nouvelles comme les TGV ;-)).

Un projet qui date de 1995, financé par l’État et les trois Régions concernées en 2001... et qui a été abandonné lors du CIADT (Comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire du 18 décembre 2003). Les trois Régions concernées étaient à majorité de gauche à l’époque.

Le PCF de Bourges et ses élus n’a par ailleurs pas attendu le cul de sac (prévisible) du TGV sauce Lepeltier pour s’exprimer. Il y a quelques mois (13/12/2007 durant la campagne municipale donc) : Transport ferroviaire : des propositions

Cordialement.

#12522 | Répond au message #12519
TGV : Lepeltier a-t-il menti ? - bombix - 12 mai 2008 à  21:21

Bonsoir Igor,
Merci pour ces précisions, mais je ne parlais pas des propositions du PCF en matière d’infrastructures. Je parlais de la réponse de Yannick Bedin à JMP : "La décision de démissionner que pourrait prendre le Maire lui appartiendra". Il "appartient", sans conditionnel, à l’opposition municipale de monter au créneau pour demander au maire de démissionner, parce qu’il a failli à ses engagements sur le TGV. Pour le principe. Pour que de telles pratiques cessent. Car ce n’est pas respecter les électeurs, ni respecter la démocratie, que de mentir ainsi sans vergogne. Les rapports de Lepeltier et de son opposition semblent lisses et courtois ; un peu trop ? C’est pourquoi j’ai parlé de mollesse.

Cordial.

#12524 | Répond au message #12522
TGV : Lepeltier a-t-il menti ? - Igor - 12 mai 2008 à  22:56

Je parlais de la réponse de Yannick Bedin à JMP : "La décision de démissionner que pourrait prendre le Maire lui appartiendra".

Il aurait fallut la citer plus précisemment : TGV : premier couac municipal ;-)

Je répondais sur la "molesse" de la gauche berruyère.

L’acte de demission d’un Maire n’appartient qu’à lui (le Maire actuel l’a déjà fait - par pour des questions de prommesse, pour une question de confort). Sur la question du TGV le Maire de Bourges ne s’est d’ailleurs pas exprimé jusqu’à présent.

#12526 | Répond au message #12524
TGV : Lepeltier a-t-il menti ? - jmp - 13 mai 2008 à  09:40

L’acte de demission d’un Maire n’appartient qu’à lui

La demande de démission peut émaner de l’opposition municipale, c’est la moindre des choses en la circonstance, sinon, effectivement, on pourra parler de molesse, voire de complaisance. Tout comme Serge Lepeltier peut menacer de démissionner s’il n’obtient pas de Borloo et compagnie ce pour quoi il s’est engagé lors des dernières élections municipales. On a déjà vu des élus se mettre en grève de la faim pour défendre leur territoire par exemple. En attendant, Serge lepeltier reste silencieux et fait la politique de l’Autruche. C’est tout le contraire d’un élu ayant le sens des responsabilités.

#12528 | Répond au message #12526
TGV : Lepeltier a-t-il menti ? - Eulalie - 12 mai 2008 à  20:57

Pour un politique c’est peut-être evident que le TGV est une arme pour concurrencer je ne sais quoi, une autre région je suppose, mais pour un citoyen pas forcément. Pourquoi ?
Le transport aisé, perso, ne me convaint pas, je trouve assez aisé les corails, certes, ça va moins vite, mais quel intérêt d’aller toujours plus vite ? A part pour ceux qui vont bosser tous les jours à Paris si on parle de Bourges, ou pourquoi pas Clermont. Mais est-il normal de bosser à 200, 400 kms de chez soi (à part pour une extrême minorité qui l’aurait choisi) . Ca signifie qu’il n’y a pas de boulot là où on habite. N’est-ce pas le problème essentiel avant le TGV ? Compte-on sur le TGV pour ramener des entreprises employeuses ? à priori, ma petite tête ne voit pas le rapport. Si on se place du point de vue du loisir, est-il vraiment necessaire de rouler à 350 kms pour aller en vacances et ne rien voir des régions qu’on traverse ? Cela dit, si j’ai bien compris, avec le TGV plus qu’on est vite arrivé, moins le billet coute cher. (c’est assez interessant je dois dire comme système de pensée. Je ne le savais pas)

D’autre part, on peut forcément s’inquiéter sur le devenir des petites gares qui desservent les petits villages. Faudra t-il une fois de plus faire un choix (abandonner les petites gares) pour laisser passer le sacro-saint TGV ? dont on aura fait le choix déjà d’exproprier (quoique je ne sais pas si le TGV Paris-Clermont necessiterait des expropriations, je suis dans l’ignorance), et d’imposer un bruit infernal aux riverains des lignes.

Les TGV augmentent aussi les prix de l’immobilier. Déjà que Bourges ( qui est certes jolie et paisible n’est quand même qu’une pauv’ville ordinaire , et c’est pas parce qu’elle va avoir son méga center avaricum qu’elle va en être plus une mégapole incontournable ) est pas mal dans le genre, où cela s’arrêtera t-il ?

le prix d’un billet TGV n’est pas le prix d’un billet de train ordinaire. A moins que l’Etat prenne en charge le surcôut imposé aux voyageurs. Mais il semblerait que ça ne va pas dans ce sens. Une hausse des prix de billet TGV est supposée parce que le gouvernement aurait décidé de faire payer des péages férroviaires. (et en même temps ils veulent qu’on ne pollue pas avec nos automobiles, et en même temps ils ont supprimé le fret à Bourges ).

Pour le reste OK, c’était l’argument de campagne de SL et il ne le tient pas. Mais Yann Galut (sur son blog) veut qu’ils se rencontrent pour relancer ce projet décrété d’intérêt général. Vous avez raison, c’est difficile d’être contre ou disons que c’est plus facile quand on est un politique d’être pour que contre. Après quand on est un citoyen à petit, moyen revenu ou à revenu minimum, (une majorité à Bourges je suppose) , qui n’a pas envie de raquer encore plus cher pour tout, ben soit on voyage pas avec le TGV et on prend sa voiture si on en a une, soit on fait du stop, soit on voyage pas tout court.

Et pour les gens qui bossent à Paris tous les jours, j’espère pour eux que l’abonnement à l’année sera interessant. Et on compte sur eux pour venir dormir et consommer à Bourges.
Et sur les Parisiens pour venir consommer et investir, étudier, à Bourges et dans la Région Centre pour créer du bon emploi durable et donc du capital humain. Enfin, le jour où il y aura le TGV à Bourges, s’il y en a un, un jour. Et on compte sur les politiques pour nous dire que c’est forcément un progrès pour chacun. Cela dit, il ne semble pas qu’ils rencontrent une quelconque opposition à Bourgese . Tout le monde est bien raisonnable et comprend que le TGV c’est l’avenir de la région Centre, et que ça résoudra une partie de ses problèmes économiques et même que si la Région Centre est peu dynamique (sauf Tours et Orléans) c’est parce qu’il n’y a pas le TGV.

#12523 | Répond au message #12519
TGV : Lepeltier a-t-il menti ? - bombix - 12 mai 2008 à  21:34

Les TGV augmentent aussi les prix de l’immobilier. Déjà que Bourges ( qui est certes jolie et paisible n’est quand même qu’une pauv’ville ordinaire , et c’est pas parce qu’elle va avoir son méga center avaricum qu’elle va en être plus une mégapole incontournable ) est pas mal dans le genre, où cela s’arrêtera t-il ?

Attention Eulalie, terrain glissant ! Déjà que Bourges a raté le noeud ferroviaire au XIXème siècle, et les opportunités économiques qui allaient avec. Qui, pourquoi, comment ? C’est l’occasion de jolies querelles à la fin des repas de familles en Berry. ;-)

Pour toute votre argumentation, si vous avez raison, il faut inverser tout le mouvement du monde moderne. Comme vous le dites, on voit mal un politique soutenir un tel programme, à part peut-être Serge Latouche ... Mais Serge Latouche est un universitaire, pas un élu qui doit se débattre avec ses électeurs ...

Cordial.

#12525 | Répond au message #12523
TGV : Lepeltier a-t-il menti ? - Eulalie - 13 mai 2008 à  00:34

Cher Bombix,

Je n’ai fait aucun programme dans mon " argumentation.". Et je n’ai rien inversé au monde moderne. Le monde moderne est bourré de gens qui se foutent du TGV comme de leur première chemise, car ils sont bien conscients que ça ne leur est pas accessible et que ça ne leur apporte rien .Déjà que les prix des trains ordinaires sont chers. Mais, bon Bombix, ce n’est pas vous qui voulez mettre le TGV à Bourges. Mais si j’en avais un sous la main, je voudrais bien qu’il m’explique ce que ça fait économiquement d’avoir un TGV dans la région sans me sortir des phrases vides comme "ça developpe les infrastructures, ça rend la région attractive". Ca va nous amener des wagons de chefs d’entreprises ? des touristes ? des gens qui vont se trouver une passion pour la région Centre pour y vivre ? Non très sérieusement, qu’est ce qu’un TGV apporte ? concrètement ? et à qui ? Et le taux d’abstention, c’est peut-être pas à cause des promesses non tenues, c’est peut-être parce que les gens de Bourges se foutent du TGV et du Tramway. Faut pas être un peu bobo sur les bords pour voter pour quelqu’un parce qu’il promet le tramway ou le TGV ?
(ps : je n’ai jamais lu Serge Latouche, et ça ne me choquerait pas d’entendre un élu dire que le TGV c’est trop pour Bourges, que c’est de la vitrine, et que le Polt pendulaire suffirait amplement. Et je ne vois pas en quoi se poser des questions sincères sur ce qu’apporte un TGV serait dans une logique décroissante. Ou alors, bon nombre de gens sont décroissants avant l’heure, sans même savoir qu’ils sont décroissants...)

#12527 | Répond au message #12525
TGV : Lepeltier a-t-il menti ? - 13 mai 2008 à  11:31

remarquez s’il n’y a qu’Irène qui a les moyens de prendre le TGV avec son statut social de gauche, alors oui il faut se battre pour le TGV, il a une utilité !

Désolé, je ne sais dans quel monde vous vivez, mais même salarié le TGV (et le train en général) reste cher voir inabordable pour beaucoup de monde. Comme disait un ami, certes face à la flambée du pétrole le train va devenir compétitif, mais vu que les salaires n’augmentent pas, ça reste toujours très cher ! ....

#12530 | Répond au message #12525
TGV : Lepeltier a-t-il menti ? - pierre 18 - 12 mai 2008 à 15:28

"Les promesses électorales n’engagent que ceux qui les écoutent" disait Pasqua...visiblement, à droite, cette leçon a fait des émules, messieurs Serge "speedy TGV" Lepeltier et Nicolas "bling-bling, président du pouvoir d’achat" Sarkozy ne diront pas le contraire...
Cela dit, comme le montre Bombix, il y a effectivement une logique entre la doctrine ultralibérale et les conséquences sur le terrain : lorsqu’on est dans une optique de libre concurrence , de rentabilité, et pas de service public, il ne faut pas s’étonner de voir des zones moins peuplées, comme la nôtre, oubliées...Cette leçon est à méditer...


#12517