Gauche unie : dernier meeting avant élections
Élections cantonales : dernier meeting de campagne pour La gauche unie, autour et pour soutenir Yann Galut (PS) sur le canton de Bourges 3. À gauche, on y croit, même si la campagne éprouvante qui s’achève marque les visages de fatigue. L’UMP n’a pas faibli dans son agressivité cette dernière semaine, frappant parfois très en dessous de la ceinture. La gauche devrait l’emporter dans ce canton, mais l’attitude des abstentionnistes après-demain est la grande inconnue de ce scrutin. De quoi nourrir quelques angoisses après la courte défaite aux municipales d’Irène Félix dimanche dernier.
Ils sont venus, ils sont tous là
Ils sont venus, ils sont tous là. Pour le dernier meeting de campagne de La gauche unie, tout ce qui compte parmi les personnalités de gauche à Bourges, ou presque, a fait le déplacement pour soutenir Yann Galut, candidat aux élections cantonales sur Bourges 3 dimanche prochain.
Irène Félix naturellement, un peu amère après sa courte défaite de dimanche dernier. C’est sans arrière-pensées qu’elle prodigue ses encouragements et ses voeux de victoire à Yann Galut, le rival d’hier, aujourd’hui à la lutte pour arracher le canton de Bourges 3 à Nicolas Hénault, le nouveau jeune premier adoubé par le très libéral Rémy Pointereau.
La gauche qui braille et la gauche qui bosse
Jean-François Baboin et Joël Crotté feront deux courtes interventions, pour rappeler qu’il faut soutenir sans barguigner Yann Galut, dans un scrutin local mais qui a aussi des répercussions nationales. Joël rappelle qu’il fait partie de la gauche qui se bat « et qui met les mains dans le camboui », et non pas de la gauche qui « braille » ; allusion sans fioritures au jeu trouble de la liste À gauche Bourges. Pour Jean-Michel Guérineau si les Français ont infligé une gifle « aller » à la droite dimanche dernier, il faut mettre « le retour ». Une gifle c’est bien, deux c’est mieux. Autant finir le travail.
Le bilan de la gauche au Conseil Général
Le Président Rafesthain prend ensuite la parole, d’abord pour condamner sévèrement la politique de Sarkozy, et le style d’un Président de la République qui a non seulement mise à mal la fonction présidentielle — par un mélange des genres de mauvais aloi — mais qui a terni l’image de la France à l’étranger. Concernant le département, le Président du Conseil Général rappelle le travail accompli par la gauche depuis 2004. La droite revancharde se sent comme propriétaire du Conseil Général du Cher, alors que son bilan, marqué par l’attentisme et l’immobilisme, n’a rien de reluisant. Et Alain Rafesthain de citer en exemple qu’il a fallu seulement deux ans à l’actuelle majorité de gauche pour lancer et réaliser le nouvel IUFM, alors que la droite en parlait depuis vingt ans, mais sans rien engager de concret. Le président Rafesthain mentionnera aussi, parmi les nombreuses réalisations de la majorité de gauche du Conseil Général du Cher, l’aide aux personnes âgées, les efforts pour l’éducation et les écoles, les transports scolaires gratuits ...
Nicole Desgranges, la suppléante de Yann Galut s’exprimera pour rappeler que « la gauche ce n’est pas la droite », et que le sens de son combat est en grande partie lié à la défense des valeurs de la gauche, au premier rang desquelles la solidarité, dans un monde où tout semble devoir être sacrifié sur l’autel de la compétition acharnée des égoïsmes.
Hénault n’a pas d’idées, mais s’agite sans compter
Yann Galut ne dit pas autre chose. Il insiste d’abord sur les attaques au niveau du caniveau de son adversaire UMP, dans une campagne qui a redoublé de violence la dernière semaine. Faisant le parallèle avec la campagne de Sarkozy, il fustige un candidat qui a peu d’idées, mais qui est appuyé par un staff très équipé. On apprend ainsi que les listings électoraux ont été épluchés et que l’équipe de Nicolas Hénault a contacté les abstentionnistes par téléphone pour les convaincre de voter ... UMP ! Si le jeune sarkozyste a un programme indigent, en revanche il a mouillé sa chemise, comme on dit familièrement, se vantant d’avoir tiré 8000 sonnettes ! Ce qui fait dire à Yann Galut qu’à défaut de réussir dans la politique, il lui reste la ressource de tenter le concours de facteur !
Plus sérieusement, Yann Galut reprendra les arguments et les thèmes de ses prédécesseurs, pour convaincre l’assistance de l’aider à mobiliser les électeurs d’ici dimanche. La gauche n’est pas la droite. Il faut assurer des contre-pouvoirs locaux pour faire pendant à la politique néo-libérale de Sarkozy et ses conséquences. Il faut aussi garder le Conseil Général du Cher à gauche, pour continuer le travail accompli autour d’Alain Rafesthain.
Enjeu local, enjeu national, les élections cantonales de dimanche sont la dernière grande consultation avant 2010.
L’attitude des abstentionnistes, cette grande inconnue
Néanmoins Yann Galut, comme Jean-Michel Guérineau, pourtant bien placés, craignent l’abstention. Les chiffres sur le Cher sont en effet impressionnants. Que va faire cette « armée de réserve » de pêcheurs à la ligne ? C’est la grande inconnue d’un scrutin où le jeune avocat est donné pourtant toujours favori.
Autour d’un pot, la petite assemblée discute avant de se séparer. Une colistière d’Irène Félix fustige les machines à voter qu’elle rend responsables d’une partie de l’abstention massive de dimanche dernier.
La campagne a été éprouvante. On sent la fatigue sur les visages. Allez, rien n’est perdu, bien au contraire ! Mais la politique, c’est comme la boxe. Mieux vaut ne pas craindre de prendre des coups ! D’autant qu’ils ne sont pas toujours donnés à la régulière ...